Bonsoir,
C'est parce qu'ici
[à ce que j'en ai compris ( * )], il ne s'agit pas exactement de saisie ou de cession.
L'allocation n'est destinée et ne peut et ne doit servir qu'à compléter les ressources du bénéficiaire pour lui permettre de payer son loyer (L831-1 :
"en vue de réduire à un niveau compatible avec leurs ressources la charge de loyer afférente au logement qu'elles occupent à titre de résidence principale"). Donc, l'alloc. ne peut et ne doit terminer que dans l'escarcelle du bailleur, sous la forme du loyer "nominal" qu'il demande. Mais, comme on connait la nature humaine, il est prévu de permettre au bailleur de "faire sauter l'étape intermédiaire", éventuellement tentée de l'utiliser à une autre fin une fois le pognon en poche, en demandant à percevoir l'alloc. directement (donc, en somme – sic – directement du producteur au consommateur…)
Kif kif, quand l'alloc. doit servir à aider à rembourser un prêt d'accession à la propriété, donc allocataire pas locataire mais propriétaire de son logement (du moins en passe de l'être)(L831-1 toujours :
"Sont assimilées au loyer les mensualités versées pour accéder à la propriété de l'habitation.").
Par voie de conséquence, le locataire allocataire ne peut donc pas officiellement s'en servir à autre chose (cession)(sous-entendue à un tiers), voire en être dépossédé de force par un autre créancier lambda (saisie). D'où la formule.
Bien entendu, tout ceci fonctionne à condition, pour le bailleur ou le prêteur, de bien respecter le début de l'alinéa suivant :
"Le prêteur ou le bailleur déduit l'allocation du montant du loyer et des dépenses accessoires de logement ou de celui des charges de remboursement. Il porte cette déduction à la connaissance de l'allocataire. "
Le plus bizarre autant que le plus étrange dans la formulation, ce serait plutôt la suite…
"Lorsque le bailleur ou le prêteur ne pratique pas cette déduction, l'allocation est versée à l'allocataire."
Ce qu'on pourrait résumer par :
"L'allocation est versée, s'il le demande, au prêteur lorsque l'allocataire est emprunteur et au bailleur lorsque l'allocataire est locataire sauf si le prêteur ou le bailleur ne déduit pas l'allocation du montant du loyer et des dépenses accessoires de logement ou de celui des charges de remboursement, auquel cas l'allocation est versée à l'allocataire."
Mais, au moment de la demande, comment l'organisme le sait-il ?
Existe-t-il un bailleur ou un prêteur qui écrirait :
"Je demande à ce qu'on me verse directement l'allocation que je me garderai bien de déduire du montant que l'allocataire me devra, parce que je compte bien me la mettre dans la fouille sans que l'allocataire n'en voie jamais la couleur" ????
Sinon, normalement, même sans cette phrase curieuse, on avait bien compris que les deux alternatives étaient :
- soit, c'est l'allocataire qui touche l'allocation, mais il paye plein pot ce qu'il doit ;
- soit c'est le bailleur ou le prêteur qui touche, mais il doit forcément le déduire de ce que l'allocataire lui doit.
( * ) sachant que, en termes de complexité (je reste poli), le code de la sécu est à la sécu ce que le code du travail est au travail…
