Je pense que vous avez tous vécu ça au moins une fois, durant mes études, à chaque fois que j’ai dit à quelqu’un que je faisais du droit, il me répondait un truc du genre « ah un futur avocat ! ». Comme si c’était une évidence… Mais moi j’ai jamais voulu être avocat !
Donc, je suis content de pouvoir démontrer que non, ce n’est pas parce qu’on fait du droit qu’on veut absolument être avocat, notaire ou magistrat. Le droit ne mène pas forcément à des professions de travelo (le premier qui dit que je suis jaloux de ne pas avoir le droit de mettre une robe je le dégomme). J’espère pouvoir rassurer un certain nombre d’entre vous qui ne sont pas spécialement tentés par les concours ou les examens d’entrée dans divers organisme. Il existe d’autres débouchés, dans le privé comme dans le public pour un juriste.
Je ne sais pas si ce poste aura autant de succès que ceux sur les notaires ou les avocats, mais je me lance.
Citation de mathou :
- ton poste est " juriste " et tu fais du droit public. Où travailles-tu et pour qui ?
Je travaille en tant que juriste pour l’association des maires de Meurthe-et-Moselle. Mon employeur est donc une association et je suis salarié de droit privé. Mais en pratique, mon travail est principalement destiné aux communes et intercommunalités du département qui adhèrent à l’association (en pratique pratiquement toutes).
Citation :
- quelles sont tes fonctions ?
Je n’ai pas de réelle fiche de poste, et j’ai plusieurs missions selon les moments :
- Mon activité principale est le conseil juridique, les maires des communes qui rencontrent des difficultés nous contactent pour avoir une aide sur les problèmes qu’ils rencontrent.
- Je participe également à la rédaction de fiches techniques, notre but est d’avoir une fiche pour chaque type de problème rencontré, ce qui nous permet de traiter plus rapidement ce problème quant il se représente. On a donc aussi un travail de mise à jour des fiches existantes : le droit est une matière vivante, donc une fiche qui a plus d’un an n’est pas forcément fiable.
- Je réalise aussi des guides pratiques (on en a fait 9 rien que pour les élections cette année), il s’agit de versions simplifiées de nos fiches qui sont regroupées par thème dans un livre qu’on distribue à nos adhérents, exemple : la réforme de l’urbanisme, les pouvoirs de police du maire,…
- J’ai aussi participé à quelques formations, il s’agit de réunions destinées à informer les élus sur divers sujets.
- Accessoirement, étant donnée que j’ai des compétences en informatique, je m’occupe aussi du site Internet de l'association.
Citation :
- que dois-tu faire dans le cadre de ton travail ?
Ca dépend des fois, mais mon boulot se rapproche beaucoup d’un travail de cabinet d’avocat, l’aspect contentieux en moins. Je fais beaucoup d’écris, des notes à destination des élus pour répondre à leurs questions. C'est aussi un travail qui demande beaucoup de recherche, pour vérifier qu'un texte est applicable et comment l'appliquer. Ca demande de la rigueur et de la patience.
Citation :
- as-tu un bon souvenir de ton boulot à nous faire partager ? Et un mauvais souvenir ?
Pas vraiment, mais j’ai des souvenirs très forts. Vivre la période électorale « en direct du front » c’était une expérience marquante. La préparation des élections, les votes, la mise en place des nouveaux conseils municipaux, toutes les formalités à accomplir suite aux renouvellements, c’était très intense.
Citation :
- comment as-tu trouvé cet emploi ?
J’avais fait un stage à l’association des maires des Vosges dans le cadre de mon M2. A la fin ils n’ont pas pu me garder, mais la directrice m’a informé qu’un poste se libérait en Meurthe-et-Moselle et qu’elle pourrait appuyer ma candidature. Donc j’ai envoyé un cv, passé plusieurs entretiens et voilà.
Citation :
- comment s'est passé l'entretien d'embauche ?
Bien, mais c’était long. Il y en a eu plusieurs. Le premier a duré presque une journée, le matin j’ai eu entretien avec la directrice et une partie de l’équipe. L’après midi on m’a fait passer des tests. Puis j’ai eu un second entretien 15 jours après avec le reste de l’équipe et ils m’ont appelé deux jours après pour me dire que j’étais pris.
Citation :
- tu as beaucoup de collègues ?
Moyennement, on est 5 au service juridique, 4 au service informatique, un au service formation, une assistante de direction et une directrice. On peut ajouter quelques stagiaires. Ca fait une quinzaine de personnes, mais je bosse essentiellement avec le service juridique.
Citation :
- comment se passe la transition études -> travail ? Le temps d'adaptation est-il long ? Est-ce que ton activité correspond à ce que tu imaginais ?
La transition s’est assez bien passée, mais je pense que c’est parce que j’ai fait un diplôme très professionnalisant. Je pense que si je n’avais pas fait ce cursus le passage aurait été plus rude. Je ne suis pas convaincu que la fac d’une manière générale nous prépare vraiment à la vie active. Mais c’est un autre sujet…
Mon activité répond à mes attentes, mais je connaissais assez bien ce qui m'attendais du fait de mon stage dans un organisme similaire.
Citation :
- quel est le salaire moyen ?
Pas terrible, on peut trouver mieux ailleurs, mais ce poste est très formateur. Donc ma motivation n’est pas du tout financière.
Citation :
- est-ce que tu es amené à te déplacer ?
Parfois, mais c’est assez rare.
Citation :
- y a-t-il des logiciels spécifiques à maîtriser pour ton travail ? Des bases de données particulières ?
Pas de logiciel particulier. En revanche, il est clair qu’il fait savoir se débrouiller pour trouver des infos, donc on doit maîtriser légifrance, les sites de réponse ministérielles, et plus généralement tous les sites Internet susceptibles de donner une information juridique fiable.
Citation :
- qu'est-ce que tu préfères dans ce que tu fais ?
J’aime bien le contact avec les élus. Mais ce que je préfère, c’est la diversité. On ne rencontre pas souvent deux fois les mêmes problèmes. Je peux traiter aussi bien de marchés publics, que d’urbanisme, de baux ruraux, etc… C’est super formateur.
Citation :
- je pose la question à des fins pédagogiques : pour faire du droit public, est-ce qu'il faut prendre uniquement du public à la fac ?
Non, mes collègues n’ont pas forcément une formation en droit public. Une a une formation notariale, une autre droit des affaires. Le tout c’est surtout de maîtriser des techniques de travail et de recherche d’information. C’est toujours mieux d’avoir une spécialisation en droit public, mais c’est pas un handicap majeur.