1/ Comment êtes-vous tombé dans le monde du droit ? Pourquoi ce cursus et pas un autre ?
J’ai fais des études de droit car en réalité je voulais faire des études de Philosophie mais aussi avoir un métier assuré aux termes de mes études autres que devenir professeur de Philosophie et pensais que le droit était la matière universitaire la plus proche.
En réalité, si le droit est a priori éloigné de la philosophie, il n’est pas si éloigné que cela.
Pour preuve, la philosophie du droit est une matière à part entière à la frontière entre les deux domaines.
Le droit est surtout une matière qui touche tous les domaines de l’existence d’une personne (physique ou morale telles que les associations, les sociétés…).
De la naissance, à la vie puis au décès d’une personne le droit est partout et règlemente chacun de ses faits et gestes.
C’est parce que le droit est une matière riche d’enseignement, vaste et nécessaire qu’il s’est imposé pour mon choix d’étude et de carrière.
Enfin, le Droit permet d’accéder à de nombreux emplois différents.
2/ Pouvez-vous nous parler de votre parcours universitaire ? Vous semblez avoir compris tôt l’importance de la diversification des compétences, qu’est-ce que cela vous a apporté dans votre vie professionnelle ?
Après avoir obtenu une Maîtrise de Droit des Affaires à l’Université Paris Sorbonne, mention droit des affaires, j’ai souhaité me spécialiser en droit pénal.
C’est la raison pour laquelle j’ai suivi les cours de l’Institut de Criminologie de Paris et obtenu le Diplôme de Criminologie et de Sciences Criminelles appliquées aux Affaires, en même temps qu’un stage d’un an dans un excellent cabinet d’avocats pénalistes parisiens.
En suite, les juristes ne me considéraient plus que comme un pénaliste et j’ai souhaité éviter les étiquettes.
En effet, je souhaitais traiter des dossiers de droit pénal bien sûr mais aussi de droits des affaires, des contrats, bancaire, assurance, etc …
Des domaines dont mes quatre années de maîtrise et d’expériences professionnelles m’avaient permis d’acquérir quelques compétences.
C’est ainsi que j’ai décidé de réorienter mon cursus vers une formation supérieure à l’international et obtenu les trois troisièmes cycles (« master 2 » aujourd’hui) suivants :
- le Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées de Droit et Pratiques des Affaires Internationales de l’Université de Nice Sofia-Antipolis (Maison de l’Europe à Paris)
- le Diplôme d'études approfondies en droit comparé des Universités Paris Sorbonne - Harvard Law School - Boston (Massachussetts E.U)
- Diplôme d'Etudes Supérieures de Relations des Affaires en Europe de l’Université de Rome La Sapienza
Ainsi, mes longues études de droit (8 ans) m’ont permis commencer le métier d’avocat avec un minimum de compétences nécessaires, une certaine maturité et ouverture d’esprit nécessaires pour embrasser cette profession.
3/ A partir de quand avez-vous saisi l’importance du support internet et quelles ont été les « retombées » pour vous ? Au contraire, est ce que la multiplication des publications juridiques gratuites en ligne ne vous enlève-t-elle pas une partie de votre clientèle ?
J’ai découvert l’importance de l’Internet et plus particulièrement de la réputation sur Internet au travers de mes dossiers d’atteintes aux droits au respect de la vie privée et à l’image.
En effet, dans les années 2000, l’Internet a connu une révolution avec le web dit communautaire, participatif, 2.0.
Les droits précités n’étaient plus violés uniquement dans les médias traditionnels (radio, presse écrite ou TV), ils commençaient à le devenir de manière exponentielle sur l’Internet.
Par ailleurs, la « googlisation systématique et généralisée » est apparue.
L’existence sur Internet est donc devenue fondamentale dans de nombreux secteurs d’activité.
La multiplication des publications juridiques gratuites en ligne n’a aucun impact sur l’importance de la clientèle.
Pour ma part, je suis un avocat contentieux et non de conseil.
Aucune information juridique, qu’elle soit gratuite ou payante, ne remplacera l’assistance ou la représentation d’un avocat.
Cependant, la multiplication des publications juridiques gratuites peut ne pas être que positive car elle peut conduire à des mauvaises informations, que les clients prennent parfois pour le droit positif alors qu’il n’en est rien.
4/ A ce sujet, quels seraient vos conseils à donner aux avocats actuellement en formation pour utiliser astucieusement l’outil internet ?
S’agissant des recherches Internet, rien ne vaut un bon Code à jour.
L’internet ne peut servir à un étudiant en droit pour ses recherches.
L’internet n’est là que pour compléter les recherches de fond dans les manuels de droit ou avoir une idée ou une réflexion.
Les articles rédigés par les avocats sur Internet n’auront jamais vocation à remplacer un cours de droit et les encyclopédies juridiques.
Par ailleurs, l’outil internet est fondamental pour communiquer et se faire connaitre, notamment en publiant son CV sur les réseaux sociaux professionnels ou en rédigeant des articles de droit sur le site Internet des associations étudiantes de Master 2 notamment.
5/ Que vous apporte votre activité d’enseignement ?
J’ai personnellement tester les formations aux étudiants en droit, aux élèves-avocats et aux professionnels.
L’enseignement permet tout d’abord une actualisation obligée de ses propres connaissances et de la jurisprudence.
De plus, l’enseignement oral permet de communiquer son savoir de manière claire et intelligible et donc de préparer son travail d’éloquence et de pédagogie pour les plaidoiries ou les rendez-vous clients.
Enfin, il donne aussi l’occasion de réfléchir sur le droit, l’origine et le pourquoi de la règle juridique.
6/ D’une manière plus générale, en tant qu’avocat fondateur de votre cabinet, quels seraient vos conseils aux jeunes avocats ?
La liste est infinie, chaque jour est pour moi un enseignement à plusieurs égards.
En effet, chaque dossier nous fait découvrir ou redécouvrir le droit et les joies de la procédure, chaque relation client est particulière psychologiquement, chaque procédure a sa propre stratégie, etc …
Le métier d’avocat est d’abord une affaire de juristes passionnés car il conduit à s’adapter en permanence à des situations complexes et difficilement prévisibles, avec le droit comme toile de fond.
Il n’y a pas de conseil en particulier à donner, sauf à prendre du plaisir dans son apprentissage et de considérer que chaque expérience est positive en soi.
7/ Quels seront pour vous, les atouts des avocats de demain ?
Je n’en vois pas plus par rapport à ceux d’aujourd’hui ou d’hier...ils seront des avocats surement plus disponibles à cause/grâce à l’Internet.
Leur formation, de plus en plus longue, garantira certainement de bonnes compétences juridiques.
8/ Comment voyez-vous l’avenir de la profession d’avocat dans une dizaine d’année ?
Avec plus de dossiers, compte tenu de l’inflation législative.
Mais aussi avec plus de concurrence du fait de la fusion ou de l’empiètement de certaines professions avec les compétences réservées aujourd’hui aux avocats.