Reconnaissance du handicap : ma bataille !

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Bonjour tout le monde,



avec l'accord bienveillant d'Isidore, je lance un journal de bord de mes différentes démarches juridiques et contentieux. Recours MDPH, CPAM, cours de cassation et j'en passe seront - sans doute - de la partie.

Avant d'évoquer mon contexte et mon cas, je tiens à préciser deux/trois petites choses. D'un, parce que nous sommes sur internet et que les cons traînent partout - précisément là où ils sont anonymes. De deux, parce que lorsqu'on parle de santé, de handicap invisible comme de maladie chronique on se heurte vite au mur du "tabou" comme de la "polémique".

Je suis atteinte de fibromyalgie depuis mes 19 ans - et en 2022 je vais sur mes 26. Je vous laisse calculer...

Je suis malade, certes. On en reparlera dans un deuxième post. Pour autant, je ne suis pas victime ! J'ai décidé pour moi-même de vivre AVEC la maladie et la toxicité des gens qui ne la comprennent pas. J'ai décidé d'avancer avec la main tendue et l'amour pour mon prochain et non la négativité. J'ai décidé de mener une bataille juridique, constructive contre toutes les entités publiques ne répondant plus au droit français comme à leur mission.

Je ne souhaite entraîner ici ni pitié, ni pleurnicheries. Encore moins tomber dans le "0 remise en question, j'ai raison et vous n'avez rien à m'apprendre". Le but est d'apporter mon humble témoignage et avis sur ce que peut vivre un "douloureux chroniques", comme on nous appelle. Ainsi, vous partager de l'intérieur une procédure aussi longue et laborieuse qu'un contentieux MDPH. Accessoirement, expliquez à quoi ressemble la vie légale et sociale d'une personne atteinte d'une maladie douloureuse, méconnue et incurable - bien que non létale. Le tout le plus sincèrement possible, sans dépasser les limites de la pudeur. Enfin... chacun sa vision de la pudeur hein ! xD

Chez moi, il n'y a pas de tabou ! Toutes les questions sont bonnes à poser, tous les sujets sont ouverts. Simplement, j'aimerais qu'on s'évite de partir sur des sujets... non maîtrisés ;). La bienveillance passe par apprendre, chercher à comprendre plutôt que d'imposer à l'autre un dogme ou pire encore : des croyances ou désinformations. Nos médias, nos rues sont jonchés d'à priori comme de bienpensance. Je ne m'inscris pas dans ce cadre, que j'ai toujours refusé aussi bien humainement qu'intellectuellement. Je vous propose donc d'échanger réalité du terrain, infos juridiques, soutien, amitié et coup de gueule dans le respect de TOUS. J'ignore qui pourra être intéressé par ce post. Je me dis juste que, si une autre personne concernée directement par le sujet passerait par là, j'aimerais lui apporter une zone d'écoute et de partage saine. Lui éviter des jugements supplémentaires... comme de potentielles désillusions.

Je plaide pour un échange ouvert sur tous les sujets que le handicap amène. C'est un milieu qui nous pousse à franchir de nombreuses portes quant à la notion d'humanité, d'amour de soi, de compassion. Si je pouvais, grâce à ce sujet, apporter un angle complémentaire de lecture de la vie - et du droit... j'en serai très heureuse. Alors si ça vous botte, on part ensemble explorer tout ça ! ;)

Je suis accompagnée d'une avocate dans mon combat, comme d'une association de défense des fibromyalgiques. J'en reparlerai plus tard. Ce premier message fait office de présentation, et je le complèterai petit à petit... histoire d'en faire un sommaire.



A très vite pour un prochain post !

Manon

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Marcel Marceau

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Un grand merci pour ce post très intéressant. Hâte de voir la suite

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Merci :) oui et de voir aussi la frontière entre la théorie du droit et son application...

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Marcel Marceau

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Bonjour

Cela me rappelle que malheureusement de nombreux éléves handicapés n'ont pas la chance d'être aidé comme vous à l'école et n'arrivent donc pas à suivre voire sont obligés d'être déscolarisés à cause de cela. Parfois même les établissements scolaires n'acceptent pas les élèves handicapés ! Honteux !

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Aimer les animaux...c'est pas bête

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Bonjour Snowflake :) je n'ai pas été aidée pour l'accès à l'Université ni même avant car je suis tombée malade en cours de route... et n'ayant eu, à l'époque, aucun diagnostic ni soutien médical j'ai du stopper mon cursus.

Bon sans regret, mais pour d'autres raisons...

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Marcel Marceau

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Isidore Beautrelet Administrateur


Parfois même les établissements scolaires n'acceptent pas les élèves handicapés ! Honteux !



En effet !
Mais le plus honteux, c'est que cela s'explique par le fait que la structure n'est pas adapté ou par un manque de personnel.

Lorsque j'étais animateur périscolaire, j'accueillais un enfant qui souffrait à la fois d’autisme et d'hyperactivité. Sur le temps scolaire, il bénéficiait d'une AVS (assistante de vie scolaire), mais pas sur le temps périscolaire. Résultat, il fallait qu'un animateur se concentre uniquement sur lui (et c'est bibi qui s'y est collé car la plupart de mes collègues en avaient "peur").



. Dernière modification : 03/02/2022 - par Isidore Beautrelet

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Isidore Beautrelet Administrateur


parce qu'ils devaient rester un quart d'heure de plus à chaque examen pour la surveiller...


C'est écœurant !

Une fois, j'ai eu une étudiante qui a failli me faire un scandale car elle ne comprenait pas que des étudiants en tiers temps pouvaient continuer à composer.

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Ah les joies du tiers-temps...

J'ai pu en bénéficier au tout début de ma licence - après un forcing de la part de l'infirmière scolaire. On en a vu des vertes et des pas mûres...

Entre les fois où on composait en amphi, avec tous les autres, sachant qu'une partie des étudiants en difficultés avaient des soucis de stress/misophonie ; celles où nos surveillants étaient agréables comme des portes de prison et se permettaient de donner des conseils santé en pleine composition ; sans compter les jugements habituels sur le temps en plus pour composer... xD

Une vaste blague ! Bon, à la décharge des autres étudiants : on y fourre tout, dans le tiers-temps. Certains élus étudiants y avaient droit, juste pour leur mandat. J'ai connu deux diabétiques - pas du tout à risque de malaise ni sans besoin de soin spécifiques - qui l'ont eu aussi. La vie étudiante adorait se faire apprécier en distribuant ce "bonbon"...

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Isidore Beautrelet Administrateur


sachant qu'une partie des étudiants en difficultés avaient des soucis de stress/misophonie


Dans ma fac, ils bénéficient d'une salle isolée avec vidéo surveillance.

En revanche, ceux souffrant de dyslexie sont effectivement dans le même amphi. Ils ont droit aux :

- bruits de la foule d'étudiants qui se lèvent pour rendre sa copie

- cris des surveillants qui demandent aux non bénéficiaires d'un tiers temps de poser leur stylo (je plaide coupable mais on n'a pas le choix d'élever la voix pour qu'ils comprennent)

- étudiants qui parlent du sujet !




on y fourre tout, dans le tiers-temps. Certains élus étudiants y avaient droit, juste pour leur mandat.


Je crois que c'est un temps révolu. Maintenant c'est même le problème inverse : il y a une date butoir pour remplir son dossier. Ainsi si un problème survient en cours de semestre, l'étudiant devra attendre le semestre 2 pour bénéficier de son tiers temps. Mais je vous rassure, il y a parfois des exceptions.

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Je bénéficie d'un tiers temps et nous somme tous rassemblés dans une salle à part avec des ordinateurs car certains composent sur ordinateur. J'ai de la chance de tomber sur des surveillantes très gentilles à chaque fois. Mais à plusieurs reprises, elles ont parlé très fort pendant au moins une vingtaine de minutes ce qui empêchait de se concentrer. Au bac, j'ai entendu deux garcons derrière moi parler entre eux pendant l'épreuve. La surveillante ne remarquait rien. Elle lisait Closer un magazine très instructif. Et ces mêmes garcons étaient sur ordinateur et avaient leur propre clé USB. Pas de vérification faite donc les deux loustics pouvaient à leur guise mettre leurs leçons ! Dans ma fac, ceux qui sont sur ordinateur ont une clé USB fournie par l'université à leur nom. Au moins, pas de risque de triche.

Et je ne parle pas des partiels en distanciel où certains enseignants avaient "oublié " de me mettre mon tiers temps (et du coup de mettre le tiers temps pour tout ceux qui en bénéficiaient) alors qu'ils m'avaient justement envoyé un mail auparavant comme quoi j'en aurais un et que je leur avais expliqué la situation !

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Bonjour tout le monde :),



suite de mon 1er message où je vais tenter un exercice délicat : présenter les faits, donc MON contexte et les différentes raisons m'ayant entraîné à faire un recours contre la MDPH. Difficile de concilier pudeur, concision dans pareil cas. Néanmoins, pour que ce post soit utile, il faudra bien que je détaille un certain nombre de points !



Comme je le disais dans le 1er message, je suis atteinte de fibromyalgie depuis mes 19 ans. Premier problème : je n'ai été diagnostiquée que fin 2020, soit 6 ans après. Très commun dans le cadre de ce syndrome méconnu, où la reconnaissance légale vacille entre "maladie" et "pathologie" selon les pays et les administrations.

Pour vous la faire courte : la fibromyalgie est une maladie neurologique affectant le système nerveux central et la transmission des messages nerveux de la douleur. En gros, j'ai mal PARTOUT (en fait principalement le long du rachis, mais ça part en étoile...) et TOUT le temps (du réveil au coucher, parfois même la nuit). Cela comprend des douleurs intra-articulaires, musculaires et dans mon cas une atteinte au bon fonctionnement des organes vitaux comme les intestins, le cœur. En soi, rien de très grave : ce n'est pas mortel. En revanche, comptez 3h tous les matins pour me voir réveillée et disponible. Entre les raideurs, les soucis de motricité fine et ma difficulté à mobiliser mon cerveau - faute d'énergie... Comptez aussi plusieurs heures de repos chaque jour, intercalé entre chaque moment d'effort physique : faire le lit, étendre une lessive, rester debout cuisiner, avoir un entretien téléphonique.

Bref : pas la grande forme ! Concrètement, je ressemble à une jeune femme de 25 ans mais avec des habitudes de vie et des douleurs d'une grand-mère de 80 printemps.

Cette maladie est incurable, aucun traitement n'a d'ailleurs été mis au point. Côté possibilité de soulager, rien de concret ni d'efficace au long terme. Les médocs ne marchent pas, sans compter que les fibromyalgiques ont un petit bémol : un effet d'accoutumance très prononcé ! Les seules choses reconnues comme efficaces sont l'activité physique adaptée - en balnéothérapie ou sport doux comme le yoga par exemple, le renforcement musculaire en kiné, et l'usage de certains électro-stimulateurs comme le "tens".



Comment tombe-t-on malade me diriez-vous ? C'est là où ça devient moins pudique, mais... plus intéressant dans ce que ça dit du droit français comme de l'état de notre société !



Je suis issue d'une famille maltraitante. Attention, pas n'importe quel type de maltraitance ! Psychologique, uniquement. Les mots peuvent être une arme. Pas dans le droit français... ni auprès d'un bon nombre d'assistants sociaux ou pseudo médecins dédiés à la protection de l'enfance. Mes carences affectives, les conséquences psychosomatiques ? Osef, pas leur problème.

Bon... manque de bol, se sont ajoutés à ça quelques soucis d'attouchements et violences sexuelles - notamment intrafamiliale, sinon ce n'est pas drôle. Evidemment, comme beaucoup de victimes je n'en ai pas parlé à un flic ! On sait très bien que rien ne peut se prouver dans pareils cas, et que ça sera la parole de l'un (enfant) comme celle de l'autre (adulte irréprochable).

Ensuite, la majorité est venue. J'ai donc pris mes clics et mes clacs, ce qui n'a pas plu à mes vieux ! Je me suis retrouvée harcelée pendant 2 ans. Ils ont été malins, ils n'ont pas envoyé 300 SMS par jour ni appels téléphoniques. Par contre, quelques mails de menaces ou SMS au "bon" moment : pour refuser de me fournir les papiers nécessaire pour le CROUS et l'obtention de ma bourse. Pour m'envoyer l'obligation alimentaire en retard, me foutre à découvert. Pour décider, quand bon leur semblait, de baisser le montant et de ne m'envoyer que de quoi payer une facture. Evidemment, je ne fumais pas. Je n'ai jamais bu, ni fumé ni même goûté à la drogue. Je n'ai, d'ailleurs, jamais eu le luxe de faire de conneries ni même d'avoir une jeunesse ! Depuis mes 8 ans, je grandis seule. En contre-modèle, à défaut d'avoir reçu exemple et amour. Inutile de vous dire que je n'avais que mes études, et aucune forme de soutien psy - et encore moins affective - face à tout ça.

Alors les avocats avec aide juridictionnelle, comment vous dire... ils s'en foutent ;). Bon pas tous, mais les miens oui. "On ne peut rien faire". Et les flics ? "ne perdez pas votre temps à déposer une plainte, rien ne sera fait ensuite et ça sera classé".



J'ai perdu le sommeil à cette période, pendant 1 an et demi. De stress, de chagrin. J'ai croisé un généraliste, on a fait une sorte de thérapie car je n'avais pas les moyens d'en avoir une "vraie". Efficace, je ne me suis pas pendue. Par contre, forcément, tous mes maux physiques ne pouvaient venir que du psychisme... Donc, pas d'examens. Les douleurs sont pourtant venues petit à petit, même après avoir retrouvé un rythme de sommeil excellent ! Puis mes soucis digestifs, un AIT tout de même... ça puait du cul un peu... mais non ! Tout est dans ma tête.

Bénéfice net : entre mon état de santé déplorable et mes parents harceleurs, j'ai stoppé la fac et la L1 d'économique que je venais d'entamer. J'ai donc pris rdv avec le CROUS pour appeler à l'aide ! Je n'avais pas assez pour vivre et mes parents refusaient de me donner plus - c'était mieux de tout claquer dans une nouvelle bagnole et dans les sorties de madame. Là, j'apprends qu'en tant qu'étudiante je ne peux dépendre QUE du CROUS pour l'assistanat social. Pis eux, au calme, me disent : "bah tu as des parents ? Malveillants, peut-être, mais ce n'est pas NOTRE problème". Bon, évidemment j'ai hurlé ! Mon médecin s'est inquiété des conséquences légales de me fournir un certificat médical attestant que je peux bosser, alors que non. Le CROUS a alors accepté de présenter mon dossier en "commission exceptionnelle". Le but de cette entité : on rassemble les dossiers sociaux les plus graves, et on attribue (ou pas) une bourse. J'attends le jour J. L'assistante sociale m'appelle : refuser ! Pourquoi ? Pas assez grave. Ah...

SPOILER : j'ai appris 2 ans après cet événement que la même assistante sociale avait, en réalité, oublié de présenter mon dossier dans cette commission...



Du coup, la suite vous vous en doutez ? Of course, mon toubib a attesté que j'étais en état physique comme psy de garder des gosses en périscolaires, le tout en plein été sous 40° (canicule dans mon coin cette année là). Génial ! Bon j'ai adoré m'occuper des gosses. Vraiment, un noble métier même si j'étais étudiante. Sauf que : enchaîner la fac et une semaine de travail à 25h/hebdo... pendant 1 an... c'était pas le bon rythme ! Forcément, ma santé en a pris un coup. Après j'ai pu réduire à 15h/hebdo de travail m'enfin... je n'avais même pas 2j en suivant pour récupérer. Je ne dormais pas encore mieux à cette période. A dire vrai, je ne sais même pas par quel miracle je n'ai eu qu'un AIT.



Petite accélération temporelle : 3 ans après le début des emmerdes, je retrouve un sommeil suffisant - et l'énergie allant avec - pour aller voir la Clinique du Droit de ma ville. Des étudiants de master y donnent des conseils juridiques gratuits et m'apprennent que via la Maison des avocats, je peux avoir accès à un entretien gratuit avec un avocat du barreau. Cela tombait bien : mes parents ont eu la bonne habitude de contacter (dans mon dos et alors que j'étais majeure) CPAM, CAF, anciens établissements scolaires (ou actuels), anciens profs à moi, anciens parents d'amis à moi et ma logeuse, bien sûr. Pourquoi ? Bah tiens : pour prouver que j'étais folle, qu'il fallait à tout prix me faire interne d'office. Pis par derrière, aux copains et collègues : "on veut que notre fille revienne à la maison, morte ou vive". Mon père a envoyé deux collègues à lui épier mes allers/retours, sur leur temps de service et à 100km de leur lieu de travail.

SPOILER bis, parce que c'est vraiment fun : mon père est fonctionnaire catC. Il travaille au sein de la mairie de ma ville natale. Au bout d'un moment, mes parents se sont tellement vantés de me pourrir la vie (en précisant leur méthode) que cela est revenu au Maire de ma ville. Il a été le seul à me soutenir... et à rappeler à mon père le code de procédure, le principe de la JAF etc... et donc lui dire que s'il continuait ses conneries, il serait licencié. Ses collègues "guetteurs" avec.



Je vais donc voir cette avocate, qui semble plus porter à la polémique qu'au droit. Je ne sais même pas comment obtenir l'aide juridictionnelle à cette époque. Je vais au TGI de ma ville d'études pour me renseigner, et la greffière me demande pourquoi je veux faire cette demande. Je lui explique brièvement mon cas et obtiens pour toute réponse : "vous n'avez pas honte de faire un procès à vos parents ?" ---> euuhhhhhhhhhhhhhhhhhh...

3 départ de procès pour refus de payer l'obligation alimentaire seront entamés. Mes parents ont rétropédalé, par peur de perdre et d'avoir une mention sur leur casier... qui, de par leur métier, signifiait perdre leur job ! Pis un juriste qu'ils ont contacté a fini par leur faire comprendre qu'ils risquaient de payer bien plus cher que ce que je demandais de pension... compte tenu des grilles de la JAF.

Pour conclure : au bout de 3 ans, tout s'est arrêté car mes parents se sont séparés. Ils se sont bouffés les foies entre eux, et m'ont laissé tranquille. Sauf mon père : il voulait que je vienne témoigner afin de prouver que ma mère était folle, et lui sa pauvre victime.



Au bout d'une année supplémentaire (soit 4 en tout) le CROUS a cédé : mon dossier est passé 3 fois en commission exceptionnelle, la dernière fut la bonne. Il faut dire que j'avais prévenu syndicats étudiants et journalistes sur le mode d'attribution des bourses. Voir étaler dans la presse mon cas et la gestion de mon dossier plus le fait que, faute d'harmonisation fiscale, TOUS les étudiants chinois de ma ville bénéficiait de l'échelon boursier max (soit 800euros par mois) et en profitait allégrement pour dévaliser les boutiques de luxe du centre-ville........................... ça faisait beaucoup de futurs problèmes à gérer !

J'ai pu tenir une année de plus, en master, mais j'ai finalement du renoncer à mes études de part mon état de santé. Construire sa vie sur deux vides juridiques (maltraitance psy et assistanat social pour étudiants sans famille) c'est ballot. Surtout ça laisse des traces !



J'ai fini par trouver du travail très rapidement. Malgré ma fatigue, j'ai fait plusieurs stages en dév éco pendant ma licence. Pis j'ai traîné mes guêtres à l'Assemblée Nationale et certains de ses groupes de travail - de quoi donner pas mal de compétences. J'ai trouvé un très beau poste contractuel en Fonction Publique Territoriale. J'ai tenu 4 mois. Evidemment, sans médecin derrière pour me mettre en arrêt, ni me faire passer le moindre examen : je vous rappelle que tout était psy chez moi, rien de physique !

Faute de mieux et ne supportant pas l'idée d'être inactive, je suis passée à mon compte. Même boulot mais avec une amplitude horaire et une intensité de travail modelée à mes besoins physiologiques. J'ai tenue un an de plus. Pis j'ai frappé à une 7ème porte de médecin généraliste. Celle-ci sera la bonne : non seulement les examens ont été faits et ont permis de trouver ce que j'avais - et encore, une partie. De plus, j'ai été placée en arrêt maladie puis ALD puis négociation d'un passage en invalidité cat2 au terme des 3 années légales de l'arrêt maladie.

VOILA ! On arrive à la procédure...



Comme la CPAM m'avait apporté réponse, j'ai pu m'attaquer à la MDPH. Cette instance publique dépend du département et répond à sa compétence/mission de gestion du handicap et des enjeux sociaux. Pour la faire très courte : quand on a une pathologie invalidant notre quotidien, notre autonomie ou notre aptitude à travailler/se maintenir dans l'emploi, on peut faire appel à elle. Les MDPH (une par département) proposent différents types d'aide. J'ai demandé l'AAH (allocation adulte handicapée, une pension financière mensuelle), la RQTH (reconnaissance de travailleur handicapé qui te permet l'aide à l'insertion, formation emploi ou étude en gros) et la CMI (carte mobilité inclusion, qui t'autorise légalement à demander à un tiers de te laisser sa place dans les transports, file d'attente etc). On m'a tout refusé sauf la RQTH (donné quasi à tous les demandeurs en fait).

Motif ? Médicaux. En effet, quand tu remplis le dossier, tu remplis un CERFA médical et social où tu joins compte-rendu médicaux d'experts (en France, dans le cas de la fibromyalgie, l'expert est le rhumatologue ou le neurologue) et un "bilan de vie" où tu expliques comment la maladie influe ton quotidien. Pis, en gros, pourquoi tu as besoin de ce aides...

Problème : le CERFA médical n'est pas conçu pour les personnes atteintes de douleurs chroniques ni même de handicap invisible. Demandez à un aveugle de quelle couleur est la fleur, en face de lui. Expliquez-lui que son dossier est refusé, parce qu'il n'a pas su répondre clairement. Vous obtenez le degré d'absurdité auquel les patients, comme moi, sont confrontés. Aucun accompagnement proposé pour t'aider à remplir/comprendre le dossier - idem pour les médecins d'ailleurs, qui font ce qu'ils peuvent pour évaluer ce qu'a voulu dire la MDPH dans son CERFA.

Evidemment, je n'ai vu AUCUN médecin ni équipe médicale (dont la MDPH est pourtant pourvu) pour évaluer mon état de santé et le handicap qui en découle. Non, en France, le fait que la CPAM est reconnue mon état ne signifie RIEN pour la MDPH. Eux, ils s'occupent juste du handicap, pas de la santé. C'est pour ça qu'on m'a refusé mon dossier sur motifs médicaux... voyez le plan !



Voici le troisième vide juridique sur lequel ma vie est bâtie : celui du handicap invisible, et d'une administration n'appliquant ni ses missions ni même sa méthodologie dans le refus/acceptation des dossier qui lui incombent !



Si j'ai pris la peine de faire un message aussi long (ouais je plains mes lecteurs, mais vous... vous pensez au temps qu'il a fallu pour tout taper au clavier ????) ce n'est pas pour le pathos. Je l'ai déjà dit : je n'ai ni besoin de pitié, encore moins d'un psy.

Par contre, quand on sait que la moitié des fibromyalgiques ont connu un sort social/médical identique au mien... ça porte à réfléchir. Si je n'avais pas été reconnue par la CPAM - qui ne m'a accordée l'ALD que parce que j'ai ASSEZ travaillé dans les 2 ans ayant précédés mon arrêt maladie et que je pouvais LEGALEMENT prétendre aux indemnités journalières - je n'aurais RIEN pour vivre. Même pas le RSA, car à une époque je n'avais pas 25 ans. Imaginez les conséquences...

Si je suis tombée malade, c'est par une suite d'incompétences des différents garants du droit comme de la protection de la personne. Si j'avais été prise en charge socialement, médicalement et légalement, je pourrais travailler partiellement aujourd'hui. Ma vie quotidienne serait nettement plus simple, je serais moins malade ! Pour toute réponse face au calvaire que j'ai raconté (avec force de détails) à la MDPH : non, tu n'es pas handicapée. Enfin pas malade, mais euh... bref.



Mon avocate et moi-même avons décidé de batailler autour des 3 vides juridiques que j'ai subi. L'idée générale étant de ne pas combattre que pour moi mais d'obtenir une jurisprudence en faveur des "douloureux chroniques". Je détaillerai cette ligne de défense dans un prochain post ! J'ai pitié pour vos yeux - et pour mes mains.

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Marcel Marceau

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Bonjour Manon

Vous (on a seulement 6 ans de différence puis- je vous tutoyer ?) nous avez offert un très beau témoignage ! Vous êtes une véritable battante ! Félicitations ! Votre expérience m'a beaucoup touché. Je vous souhaite beaucoup de courage pour votre maladie et j'espère qu'on trouvera un jour un traitrement ou tout du moins quelque chose pour vous soulager

Je suis vraiment désolée d'appréndre que vous avez eu à subir toutes ces horreurs au niveau de votre famille. Une famille est censée vous protéger, pas vous détruire psychologiquement ou physiquement ! Avez vous été voir un psy pour parler de vos soucis ? Je sais que vous dites que vous n'en avez pas besoin, mais parfois il est bon de parler à quelqu'un (bien sûr je ne vous oblige pas).




On sait très bien que rien ne peut se prouver dans pareils cas, et que ça sera la parole de l'un (enfant) comme celle de l'autre (adulte irréprochable).


Ca me choque que des policiers puissent croire qu'un enfant (ou un adulte) raconterait des bobards en parlant de maltraince et/ou d'attouchements sexuels. Il faut vraiment être le pire des idiots (pour rester polie) et n'avoir aucune scrupule pour mentir à ce sujet.




Non, en France, le fait que la CPAM est reconnue mon état ne signifie RIEN pour la MDPH. Eux, ils s'occupent juste du handicap, pas de la santé. C'est pour ça qu'on m'a refusé mon dossier sur motifs médicaux... voyez le plan !


Je trouve ca dégoutant ! D'autant plus que dans votre cas, votre maladie est handicapante. Je serais à la MDPH, j'aurais pris votre dossier en compte. Votre maladie (et d'autres) devrait être ,selon moi, reconnu comme un handicap.Heureusement que vous avez été reconnue par la CPAM.




"bah tu as des parents ? Malveillants, peut-être, mais ce n'est pas NOTRE problème".


Comment peut on dire des choses pareilles ? Je suis au Crous, j'apprends qu'un étudiant a des parents malveillants, je cherche à l'aider !


Problème : le CERFA médical n'est pas conçu pour les personnes atteintes de douleurs chroniques ni même de handicap invisible.


Effectivement, c'est totalement absurbe !



Quoiqu'il en soit, je réitère ce que j'ai dit plus haut ! Vous êtes une jeune femme très forte et vous allez vous sortir de tout vos soucis ! Courage

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Bonjour Snow :),


bien sûr, on peut se tutoyer et je commence ! Je te remercie pour ton retour chaleureux et amical. Pis pour tes questions, je t'en prie : comme je l'ai dit plus haut, du moment que c'est demandé avec bienveillance et ouverture d'esprit, je réponds :).

Pas de tabou par ici. Juste du partage de connaissance comme de vécu ainsi qu'une démarche altruiste - le plus possible, je l'espère.

DONC : j'ai déjà vu des "vrais" psys. Le problème de la gestion du "vide affectif", c'est qu'il n'y a pas de réponses concrètes à y apporter. On ne peut pas te rendre ce qu'on a oublié de te donner... ni même ce qu'on t'a si injustement pris. La question qu'il reste c'est est-ce-que tu es capable, en tant qu'être humain, de vivre et t'adapter aux autres tout en restant sain pour toi et autrui ? Je me suis battue pour ça. Va apprendre à t'aimer et à aimer l'autre sans avoir peur... pis va vivre au milieu de cons ! xD

Oui, j'ai un petit truc côté intelligence émotionnelle. Disons que je "sens" instinctivement le autres, ce qui a tendance à m'aider mais aussi à faire fuir. Histoire de complexifier un peu plus la notion de rapport à l'autre - et d'appuyer là où ça fait mal dans les entrailles. Dernière modification : 04/02/2022 - par ManonLB

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Marcel Marceau

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Isidore Beautrelet Administrateur

Bonjour

Moi aussi j'ai été très ému par ton témoignage.

L'épisode du CROUS m'a profondément énervé.

Quant à la fameuse greffière, c'est une faute professionnelle.On pourrait lui répondre :

"Madame, si vous avez réellement fait des études de droit, on a certainement dû vous apprendre que le droit n'a rien à voir avec la moral. Et jusqu'à preuve du contraire vous exercez une profession juridique, donc gardez vos leçons de moral pour vous"

Et techniquement, elle ne peut rien te dire car non seulement c'est la pure "vérité" et en plus tu lui rabat le caquet sans pour autant lui manquer de respect (enfin je pense 😇)

En revanche, côté positif, le Maire de ta commune de naissance est génial !

Pour ce qui est de la MDPH, c'est triste à dire mais ils agissent en parfait bureaucrate.
J'espère que ton avocate et toi, vous gagnerez ce noble combat !

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Bonjour Isidore,



je te remercie pour ta réponse :) et pour la crise de rires concernant ta répartie ! Punaise, j'aurais du penser - et surtout avoir l'audace - de rétorquer ces arguments.

J'espère aussi qu'on aura les lauriers, au moins assez pour obtenir une première ligne de défense côté jurisprudence. Il est inconcevable qu'on laisse les gens crever la gueule ouverte en France, sans garde-fou.

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Marcel Marceau

Publié par
Ablette Intervenant

Bonjour,

tout d'abord sachez que je compatis à votre parcours de vie dont je comprends la difficulté.

Je vais apporter quelques données importantes je crois, pour ceux qui ne connaîtrait pas ce secteur, secteur que je connais bien.

Les critères d'attribution de la MDA (MDPH) sont spécifiques et sont basés sur les répercussions du handicap sur la vie quotidienne, ils n'ont rien à voir avec l'ALD ou avec l'invalidité CPAM qui elle, est une reconnaissance d'une inaptitude au travail et non pas une inaptitude à la vie quotidienne.

L'ALD est une reconnaissance médicale, par exemple un diabète, qui permet d'être pris en charge à 100% quand on a certaine maladie. (ALD= Affection Longue Durée). Elle ne donne pas droit à une indemnité, on peut travailler et avoir une ou plusieurs ALD cela n'a rien à voir (perso j'en ai 4)

L'indemnité CPAM c'est autre chose, c'est la reconnaissance d'une incapacité, une invalidité et permet une indemnisation selon certains critères, quand on a déjà travaillé, ce qui est votre cas.

Vous dites que vous avez obtenu la RQTH, ce qui est déjà bien, à combien à été chiffrée en pourcentage l'évaluation de votre handicap?

Généralement les dossiers pour fibromyalgie restent en dessous de 79%, il est donc logique que vous n'ayez pas eu la carte mobilité inclusion, ni l'AAH.

Les personnes qui passent les 80% sont celles qui ne peuvent s'occuper d'elles au quotidien: dépendance pour la toilette, les repas, la communication, s'habiller, laver son linge...

A titre d'exemple, et pour donner un ordre d'idée à ceux qui ne connaissent pas, certaines personnes qui obtiennent le 100% d'office sont les personnes porteuses d'un syndrome de trisomie.

Les personnes autistes restent également sous les 80% en général, alors même que pour beaucoup il leur est impossible d'établir une communication lambda en secteur "typique" et ainsi prétendre à un travail en "milieu ordinaire".

Les dossiers MDA ( parce que depuis quelques temps on ne dit plus MDPH mais Maison de l'Autonomie), ont été simplifiés et prennent en considération les handicaps invisibles, mais ceux-ci doivent être décrits dans le dossier médical, ce qui permet à la commission MDA de coter les difficultés entrainant une dépendance.

Il est donc normal que vous n'ayez pas vu de médecin à la MDA, simplement parce que votre pathologie ne côte pas pour une prise en charge au dessus de 80%.

Dans toutes les MDA vous pouvez obtenir un RV avec un conseiller pour monter votre dossier.

Je vous souhaite du courage pour la suite, tenez-nous au courant 🙂

Enfin, si votre avocate veut se risquer sur ce terrain là avec la MDA, attention cela risque de vous coûter cher pour rien ( et elle devrait vous l'expliquer). Dernière modification : 04/02/2022 - par Ablette

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Bonjour Ablette :),



c'est moi qui vous remercie pour votre message complet et hautement utile - même si la majorité des membres sont encore étudiants et pas forcément concernés. Trop de travailleurs ignorent leur droit et se retrouvent dans de beaux draps en cas de pépins...

Vous m'avez devancé : je comptais rédiger un post en ce sens. Si vous le permettez, je vous citerai dans mon sommaire afin de rediriger les personnes sur votre message pour ces questions "techniques".

Effectivement, comme pour l'immense majorité des personnes "douloureuses chroniques" mon taux a été considéré comme inférieur à 50%. Problème : le CERFA n'est pas établi pour nous, ce même si la loi oblige les MDA (merci du rappel) à nous inclure dans leur mission. D'ailleurs, depuis 2019 il est interdit d'accepter ou refuser une aide dédiée au handicap au seul titre de la pathologie ! C'est ainsi que de nombreuses personnes ont vu leur taux passer de 80%¨à moins de 50% et tout perdre en un claquement de doigts... vive les contraintes budgétaires. Un peu moins la pertinence médicale...

Vous le savez aussi bien que moi : il n'y a aucune harmonisation des décisions médicales au niveau national. Chaque MDA tourne en roue libre, en fonction des "pressions" associatives ou politiques du moment ! C'est en partie sur ce terrain là que nous irons avec mon avocate - bien consciente d'avoir très peu de chance de réussir. Cela dit, si personne ne bouge et qu'on se contente d'un "ça va être trop dur, vous n'avez aucune chance" rien ne changera !



S'il y a bien une chose qui m'insupporte en tant qu'ancienne contractuelle de la fonction publique, c'est de voir une administration faillir à ses missions et tourner sans garde-fou ni aucun contre-pouvoir. Trop de dossiers sont refusés pour des motifs fallacieux, à la limite de la légalité ou de la mauvaise fois... bref, j'expliciterai tout ça dans un futur post, dédié à la stratégie de défense.



Merci encore pour votre sympathie comme votre topo ! :)

Au plaisir,



Manon

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"Avant de dire quelque chose, il faut s'assurer que le silence ne soit pas plus important."

Marcel Marceau