Commentaire d'un texte de Jean BOUCHER

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Les monarchomaques ligueurs

JEAN BOUCHER, De justa Henrici III abdicatione e Francorum regno[1589], Paris, 1589, p. 11-140, passim.

Et d’abord qu’entend-on par peuple et en quoi consiste ce droit (...). On parle du droit que le royaume et le peuple ont sur les rois et l’on montre qu’ils peuvent être déposés par le peuple [...]. Il faut comprendre ici, par l’expression peuple, non une foule désordonnée et confuse, monstre aux multiples têtes, suivant tout au plus les folies de tous les plus sots et les plus insensés lorsqu’ils paraissent le plus souvent sans réflexion, sans intelligence (...), mais un rassemblement de grands, de sénateurs et d’hommes choisis d’après leur vertu, leur probité et leur jugement [...]. Lorsque nous parlerons du droit du peuple sur le roi, nous emploierons toujours le nom de peuple en entendant par là indifféremment le peuple et la République ou le Royaume (il est patent qu’il s’agit de la même chose) [...]. Les rois sont établis par les peuples (...) et il y a pour tout dire deux raisons à cela: l’une, c’est qu’il peut exister des peuples sans rois, non des rois sans peuples; l’autre, c’est que les peuples ont décidé d’établir des rois sur eux de leur propre fait [...]. Comme nous avons parlé en général du droit tant de l’Église que du royaume et du peuple ou de la République de déposer les rois, nous exposons maintenant les raisons particulières pour lesquelles ils doivent être déposés dans l’un ou l’autre tribunal, que ces raisons existent réellement pour Henri de Valois et que pour cela il importe de l’écarter du trône. Ces raisons [sont] (...) les unes ecclésiastiques, les autres civiles et politiques. Nous disons ecclésiastiques, c’est-à-dire celles par lesquelles il est convaincu de violation du canon de piété et de religion. Quant aux raisons d’ordre civil et politique, il s’agit de celles par lesquelles l’accusé peut et doit être traduit en justice et poursuivi jusqu’au jugement par le seul droit du royaume et du peuple pour crime de violation du droit humain. Cependant nous n’entendons pas par là les crimes commis contre la République que l’Église ne peut venger et punir, pas plus que ne peut le faire la loi politique ou du royaume à l’égard des crimes contre la religion et l’Église, bien que l’Église et la République s’aident réciproquement [...]. Mais parce qu’elles regardent l’une la piété, l’autre la justice (qui sont les deux fondements du royaume), il importe de les distinguer quoique (...) aucun dommage ne puisse d’aucune façon toucher l’une sans blesser l’autre [...]. Comme tout homme a autant de doigts à ses mains, qu’il distingue clairement autant de commandements au Décalogue, autant de fois proclamera-t-il qu’il doit s’armer pour venger les injures faites à l’Église contre le chef impie. Les voici: parjure; assassin et parricide; meurtrier du cardinal archevêque de Reims, légat né du Saint-Siège apostolique;fauteur d’hérétiques; schismatique; hérétique; simoniaque; sacrilège; adonné à l’impiété de la magie et à la superstition; enfin, devenu totalement impie et contempteur de la majesté divine. En définitive, pour tous ces crimes, il a encouru l’anathème depuis quelque temps et l’encourt encore [...].

Des cause légitimes qui touchent la République pour déposer Henri III.

Ici, maintenant, de nouvelles plaintes contre Henri se présentent, venues de la seule nature, en sorte que, même si l’Église différait de le frapper d’anathème, au contraire même si elle l’absolvait pénitent, la République aurait à le châtier et à venger les injures même passées à elle faites (...) parce que dans ces affaires qui sont des crimes politiques, l’absolution efface la faute mais n’enlève pas la peine, la condamnation demeure toujours de plein droit en possession de la République [...]. Dans le cas d’Henri la cause est d’autant plus importante que les offenses faites à la République sont plus nombreuses et plus graves. Nous les rapportons complètement en 8 chapitres: il a violé sa parole publique; il a outragé la majesté de la République et du royaume; il a détruit et ruiné les richesses du royaume; c’est un tyran; il est inutile au royaume; il est hypocrite; il est déshonoré par tous les vices; enfin il a été condamné plus d’une fois par sa propre bouche.


Bonsoir, je dois faire un commentaire de ce texte et je n'arrive pas à trouver une problématique et un plan convenable même si j'ai les grandes idées..

- désormais, le roi est élu et désigné par le peuple, il peut également être déposé par peuple;

- il existe cependant des raisons pour lesquelles un roi peut être déposé, celles-ci peuvent être d'ordre religieux et politique, lien étroit entre l'Eglise et la République;

- l'auteur parle spécifiquement de Henri III, il souhaite que celui-ci soit déposé

J'ai l'impression que ce texte me donne pas assez d'informations, pourrez-vous m'aider svpp et me donner des idées de problématique et surtout si j'ai manqué un grand axe important merci :)