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Le 12/05/2007 à 23:56
Juriste d'élite


Inscrit : 03/05/05
Message(s) : 366 
Citation de akhela :

Citation de Nounoupoun :

En somme: on injecte un produit non pas dans le but de faire mourir (la vraie euthanasie - l'assassinat chez nous) mais dans le but de soulager la douleur (même si une conséquence possible est la mort). Le tout bien spur avec consentement.


hhmmm faudrait vérifier mais dans mes souvenirs ça ressemble furieusement à un empoisonnement au sens pénal.


Il faut en effet la volonté pour avoir la qualification d'assassinat. Mais je peux t'assurer que je connais des médecins dans certains hôpitaux qui pratiquent ca sur les patients incurables/en fin de vie. C'est le but en fait qui change.
si le but est de tuer: empoisonnement (volonté)
si le but est de soulager la douleur du patient: autorisé depuis la loi de 2005 il me semble.

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Le 13/05/2007 à 07:56
Juriste d'élite


Inscrit : 14/03/06
Message(s) : 1072 
bof le personnel spécialisé est doit en principe être présumé savoir que la dose qu'il administre est mortelle.

__________________________
Avocat (Liste 2) au Luxembourg
Diplômé en France, en Belgique et au Luxembourg
faluchard droit baptisé à Strasbourg
ancien SG et VP de l'AFGES (fédé des étudiants à Strasbourg)
ancien SG de l'AED (amicale de droit à Strasbourg)

Le 13/05/2007 à 23:14
Juriste intéressé


Inscrit : 02/05/07
Message(s) : 21 
Quand je dis "sélection naturelle", c'est psa vraiment pour paraitre méprisant, mais juste parce qu'il faut accepter parfois la fatalité dans la vie. Pourquoi un bébé meurt à sa naissance, alors qu'un autre vit ? Pourquoi un homme attrape un cancer, et pas un de ses amis ? Pourquoi un homme a t-il un accident de moto et pas un autre ? C'est aussi cela, la sélection naturelle, c'est une fatalité qui nait du fruit du hasard et qui enlève la vie ou les capacités de certaines personnes, et contre laquelle on ne peut rien :)
Si demain j'ai un grave accident et je me retrouve complètement estropié, j'irais dans un autre pays me faire euthanasier tranquillement, j'aurais été "sélectionné" pour ne pas finir ma vie correctement, voilà tout...

Je suis d'accord avec vous néanmoins: il serait très difficile de maitriser les abus d'une loi autorisant l'euthanasie :?

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Puy-de-Dôme, Le 14/05/2007 à 00:30
Juriste d'élite
Licence 1


Inscrit : 17/02/07
Message(s) : 2462 
Lucien, je ne comprend pas du tout, pourquoi te faire euthanasié ? J'ai un exemple, dans ma famille, l'un de mes cousins après avoir eu un grave accident de voiture avec la copine de ma cousine -c'est elle qui conduisait, mon cousin n'ayant que 13 ans- est resté 10 semaines dans le coma. Il est heureux de vivre malgré tout le côté gauche paralysé. C'est le plus plaisantin de la famille. Je signale aussi qu'il a toutes ses facultés intellectuelles et il a même son permis. :)

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Jean Foyer : « Le juge de l’administration : l’administration de ce juge. »
"Juger l’administration c’est encore administrer ».


http://www.u-clermont1.fr/
-université d'excellence dans le magazine "Challenge" de juin 2009-

Le 14/05/2007 à 06:48
Juriste d'élite


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Message(s) : 2595 
ça dépend des personnes tout le monde n'a pas la force de vivre en étant diminué ;
et puis quand même lucien parle d'être " complètement estropié " c'est pas de la paralysie partielle mais totale dans ce cas lol ; par contre malheureusement c'est facile à dire d'aller dans un autre pays pour se faire euthanasier mais encore faut il convaincre ses proches de nous y emmener car si l'on est complètement infirme on ne pourra pas atterrir là bas par l'opération du saint esprit je présume

Le 17/03/2008 à 19:02
Juriste d'élite


Inscrit : 14/02/08
Message(s) : 1294 
Avé tous,

Je plonge sur un sujet d'actualité, recevant ma dépèche du Monde.

Donc le "droit à mourir" a été refusé à Mme Sébire.

Pouvez-vous m'éclairer sur le contenu de la loi Léonetti ?

Je vous propose de faire une petite cherche sur l'état du droit "à mourir" en Belgique, si vous êtes intéressés.

Peut-on, du point de vue philosophie (ou peut-être qu'un autre mot conviendrait mieux) associer le droit à la vie (avortement), le droit à disposer de sa vie et de ses choix (mariage, divorce), et le droit à mourir (euthanasie) ?

N'est-ce pas un non sens qu'une personne souffrant de maladie incurable et avec probablement des paquets de médicaments énormes, ayant donc la possibilité à portée de main de se suicider sans trop de douleurs (a priori effets secondaires : un endormissement) se voie refuser cette démarche par la justice ?

Et aussi, pourquoi demander ce droit à la justice alors qu'on peut le faire soi-même, si on a la chance de disposer encore de ses facultés ?

__________________________
Quand le juriste se lasse d’empiler des textes dont l’encre est à peine sèche, de réconcilier des dispositions qui se contredisent ou, tout simplement, de s’échiner à leur donner un sens, vient un moment où, guetté par le découragement, il laisse son sac au bord du chemin, s’arrête et se pose la question fondamentale, la seule qui vaille : tout cela est-il bien raisonnable ? (A. Lucas)

Le 17/03/2008 à 19:07
Juriste intéressé


Inscrit : 11/03/08
Message(s) : 13 
Voici mon avis:

Je serais pour, mais après une reflexion d'un conseil de médecin de l'hopital, et notemment du médecin de famille. Je pense que cela éviterait que certaines personnes baissent les bras dans des maladies curables, mais très éprouvantes. Je pense qu'à ceux là, il leur faut de l'espoir.
Mais pour les gens dont la souffrance est grande et dont la vie (le mot vie même) perd tout son sens, alors à ceux là, il faut leur donner la dignité de mourir en paix.

Ce doivent être des choix bien pensé, et non prit à la légère. Mais je me doute que tout le monde ne souhaite pas avoir l'euthanasie comme solution, mais elle devrait être étudiée au cas par cas par des médecins.

En n'espérant ne pas avoir dit de bêtise ^^

Le 17/03/2008 à 19:20
Juriste d'élite


Inscrit : 24/10/05
Message(s) : 1887 
Moi ce qui m'indigne ce sont les propos tenus il y a peu par Christine Boutin : "Mais pourquoi veut-elle mourir ? Parce qu'elle dit qu'elle souffre, mais il y a les médicaments, qui peuvent empêcher cette souffrance, parce qu'elle est difforme, mais la dignité d'une personne va au-dela de l'esthétique de cette personne."

Non mais vraiment, qui est-elle pour tenir de tels propos ? Qui est-elle pour juger du degré de souffrance ou de non souffrance ? Une vieille vache de 64 ans si vous voulez mon avis :D

Non, plus sérieusement je suis totalement d'accord avec Gwenael : il faudrait un droit à l'euthanasie, mais un droit encadré.

Le 17/03/2008 à 19:47
Juriste d'élite


Inscrit : 14/02/08
Message(s) : 1294 
Je pense aussi que l'euthanasie doit être possible.

Oui, j'ai lu plus haut dans les vieux postes de 2004, qu'il existe les unités de soins palliatifs. Mais bon ... comme cités plus haut aussi à titre d'exemples, les personnes en grande souffrance, incapables de vivre leur vie, ou à l'état végétatif sans possibilité de retour (genre ça fait 25 ans ...), l'euthanasie est une meilleure solution qu'un "faire durer".

Alors y'a d'horribles arguments d'ordre purement pratique :
- ça libère un lit d'hôpital et du personnel hospitalier pour s'occuper des gens plus vivants
- ça limite les dépenses de la famille
- ça diminue les dépenses de la sécu, donc de la Société.
etc.
Oui, je suis affreuse, je n'ai pas dis qu'il s'agissait de MES arguments mais "d'"arguments pouvant être pensés.

Même lorsqu'on parle d'une chose sacrée comme la vie.

Et à coté, il y a le point de vue humain :
- soulager la personne qui souffre consciemment
- permettre à toute une famille de faire son deuil d'une personne décédée physiquement
et d'autres choses.

(afk je continue)

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Le 17/03/2008 à 19:56
Juriste d'élite


Inscrit : 17/07/06
Message(s) : 609 
Ce que je trouve bizarre dans cette affaire, c'est que cette dame a quand même une certaine autonomie de son corps, elle n'est pas coincée sur un lit d'hôpital, donc pourquoi demande-t-elle un droit à l'euthanasie alors qu'elle pourrait se suicider elle-même ?

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Le 17/03/2008 à 20:03
Juriste d'élite


Inscrit : 24/10/05
Message(s) : 1887 
Citation de maolinn :

Ce que je trouve bizarre dans cette affaire, c'est que cette dame a quand même une certaine autonomie de son corps, elle n'est pas coincée sur un lit d'hôpital, donc pourquoi demande-t-elle un droit à l'euthanasie alors qu'elle pourrait se suicider elle-même ?


On a pas tous un homme qui est pharmacien ou médecin et qui pourrait nous donner une substance létale sur demande, puis même si c'était le cas ça causerait des ennuis juridiques. Elle est aveugle en plus, moi j'ai du mal à imaginer une telle personne se suicider sans se causer plus de souffrance qu'elle n'en endure ordinairement.

Le 17/03/2008 à 22:00
Juriste aux dents longues


Inscrit : 25/09/05
Message(s) : 90 
Citation de maolinn :

Ce que je trouve bizarre dans cette affaire, c'est que cette dame a quand même une certaine autonomie de son corps, elle n'est pas coincée sur un lit d'hôpital, donc pourquoi demande-t-elle un droit à l'euthanasie alors qu'elle pourrait se suicider elle-même ?



Elle s'est expliquée sur ce sujet, elle ne veut pas se suicider par respect pour ses enfants. De plus se suicider, ce n'est pas si évident : prendre des médicaments, se couper les veines, se pendre...Ce n'est pas terrible comme solution. Il existe un produit qui permet de mourir rapidement et sans douleur, pourquoi s'en priver? Et puis l'euthanasie permet de fixer l'heure, de convoquer sa famille...mourir en étant accompagné. En se suicidant, c'est moins évident, j'imagine mal sa famille la voir mourir pendu ou se vider de son sang. En France, on tourne autour du pot. On refuse l'euthanasie active mais on accepte l'euthanasie passive: les deux ont le même objectif: donner la mort mais l'un est plus rapide que l'autre et curieusement on a pris le moins rapide. Ce qu'on fait subir à l'être humain, on ne le ferait pas subir à son chien ! On se retrouve dans des situations totalement irrationnels: Dans le cas des personnes en état végétatives, on les débranche pour arrêter l'acharnement thérapeutique et là commence une longue période agonisante: finalement la personne meurt de faim au bout de 3 semaines ! Si çà ce n'est pas inhumain, je ne sais pas comment çà s'appelle !

Le 17/03/2008 à 22:08
Juriste d'élite


Inscrit : 09/04/06
Message(s) : 967 
Chacun peut aller chercher du desherbant à Auchan et s'en servir un grand verre.

Plus sérieusement, cette dame souhaite que le débat avance et que la société prise dans sa globalité cesse d'avoir cette vision religieuse de la vie. Celle-ci n'est pas sacrée, elle nous appartient, on en fait ce que l'on veut. La dignité humaine est de permettre à ces personnes de mettre fin à leurs jours et si tel est leur souhait, avec l'aide du corps médical.

On peut parler des abus prévisibles, argument trompeur parceque toute loi produit des abus. Pas aussi graves, c'est évident, d'où la nécessité d'un encadrement tres stricte par la loi.

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"....durant les années en cause, ladite commune invitait les promoteurs immobiliers sollicitant des autorisations d'urbanisme à effectuer des contributions volontaires aux finances locales ainsi que les poursuites dont le maire a fait l'objet pour ces faits; ... justifiant suffisamment que la dépense litigieuse a été faite dans l'intérét de la société et peut, dès lors être déduite de ses résultats imposables..." CE 24/05/2006 "M. Genestar"

Le 17/03/2008 à 23:47
Juriste d'élite


Inscrit : 17/07/06
Message(s) : 609 
Merci pour ces explications ;)

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Le 18/03/2008 à 10:54
Juriste d'élite


Inscrit : 14/02/08
Message(s) : 1294 
Droit de vie, droit de mort, droit à la vie, droit à la mort ...

Un autre petit cas d'actualité qu'on peut accoller à ce sujet :

Si on permet aux parents dont le foetus est décédé par fausse couche avant 22 semaines de grossesse d'inscrire l'enfant sur le registre d'état civil, et de lui donner un enterrement; donc de lui donner un nom, et, pour aller plus loin, une âme,

Ne doit-on pas remettre en cause la loi autorisant l'avortement ?

Qu'est ce qui est considéré comme sacré ? L'âme ou la vie ?

Si on considère que c'est la vie qui est sacrée, on devrait ne pas permettre l'euthanasie des animaux. Si c'est l'âme, la question pourrait aussi se poser : si l'animal n'a pas l'esprit (de réflexion), on peut considérer qu'il a tout de même une âme (attachement, sentiments).

(en tous cas, mon chat il est clairement pas attaché de la même manière à tel ou tel humain ! Il refuse d'entrer dans la maison quand je suis pas là, mon Doudou le fait rentrer que pour manger puis il ressort aussi sec et veut pas de caresses; tandis que l'autre chat il colle à mon homme non stop et ne s'intéresse pas à moi ^^ )

Si on autorise la mort d'un foetus auquel on attribue une identité, donc une âme, pourquoi ne peut-on pas autoriser la mort d'un adulte ? L'avortement est pratiqué dans ces cas malheureux (à mon avis il ne doit pas être un contraceptif a posteriori) comme une grossesse trop jeune, une grossesse à risque, une impossibilité de gérer l'enfant à cause de la situation financière ou autre ...
On considère donc, que pour des raisons pratiques, économiques, et humaines, on peut supprimer une vie encore dans l'oeuf. Alors, pourquoi pour des arguments également pratiques, économiques et humains, ne peut-on pas supprimer une vie qui a déjà un pied (ou un esprit) dans la tombe ?


Kem,
en pleine métaphysique

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