Le droit est-il un domaine bouché ?

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Le 29/11/2016 à 16:37
Juriste aux dents longues
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... Même si effectivement, certains étudiants n'en foutent pas une rame et ne réussiront jamais en droit, que ce soit en fac ou ailleurs. Mais énormément d'étudiants échouent moins à cause du droit que de la fac...

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Paris, Le 29/11/2016 à 18:12
Juriste intéressé
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En L1 si vous changez vous perdez une année.
il n'y a pas vraiment de passerelle après une L1 de droit.

Par exemple si on prend le statut Ajac. C'est un système tellement particulier que je me demande si tous les étudiants savent que ça existe. Pourquoi ? car au lycée ca n'existe pas donc personne ne peut imaginer que ça existe.

Une erreur d'orientation n'est pas dramatique mais si on peut l'éviter c'est mieux.

Pour ma part j'ai fait un peu de fac puis ensuite une filière pro j'ai bossé plusieurs années ensuite. Puis j'ai refait une formation pour me reconvertir ce qui n'est pas de la tarte dans un système qui juge les gens sur l'âge ou sur leur origine du genre un juriste n'a aucune imagination il va aux prudhommes ne l'embauchant pas...

D'ailleurs si vous voulez faire un test poser la question à votre amphi de L1 (dans les niveaux suivants je pense que les gens le savent plus). Mais je ne suis pas sure du tout que la grosse majorité des L1 soit au courant de l'existence de ce statut ajac.

Même si le juriste doit être curieux, je pense pas que tous les étudiants en L1 aient ce réflexe de s'interroger sur l'existence du statut ajac. Ils sont déjà pour certains noyés dans leur problème de méthodologie. Il suffit de voir les étudiants qui posent des questions ici certains semblent parfois bien paumés.

Je vous invite à interroger vos étudiants entre les niveaux L1 à L3 pour savoir leurs objectifs professionnels combien ont un projet précis de ce qu'ils veulent faire ?

Dans les échecs que j'ai observés ils venaient de
- une partie n'a pas des bons résultats. Donc d'où ca vient ? pas la bonne méthodologie ? pas fait pour lui ? ennui car pas ce qu'il croyait ? Vous pensez qu'il y a tant d'étudiants que ça qui prennent leur pied à saccager une année dans le vide pour le fun ? je pense pas. Pour moi ceux qui quittent la L1 sont ceux qui ont idéalisé le droit du genre l'avocat défend la veuve et l'orphelin ou comme l'auteur de ce topic le droit permet de gagner plein d'argent / une autre partie est là car son entourage lui a dit va là le droit mène à tout tu es sûr de trouver un boulot puis se rend compte qu'elle n'aime pas cette branche / une autre partie ne comprend pas l'intérêt d'apprendre l'histoire des carolingiens pour exercer un boulot et c'est comme ça qu'on lit ici je voudrais faire un BTS notariat ou autre BTS marqué droit car ils s'imaginent que c'est plus ancré dans la vie réelle.

C'est un peu comme les maths au lycée. Quand les gens ont le nez dedans ils ne voient pas forcément comment elles s'utilisent car aucun prof n'explique vraiment l'intérêt lointain des maths et parce que la façon dont elles sont enseignées font que beaucoup les détestent car ils n'y comprennent rien. Alors que si vous les enseignez en expliquant que telle notion leur permettra de faire de la programmation informatique peut être que le fan d'ordi va faire l'effort de s'accrocher. Or c'est pas toujours le cas.

Oui on peut faire une validation mais pourquoi faudrait-il toujours tout certifier ? Pour Stéphane Plazza de base c'est un autodidacte apparemment et donc il faut forcément un diplôme pour qu'il valide le fait qu'il était un bon autodidacte ?

Ce truc de vouloir tout certifier par la preuve diplômante c'est un peu le business de la formation. Des gens en vivent faut pas l'oublier les profs en premier donc ils ne vont pas dire que c'est mal. Je ne dis pas que le diplôme ne sert à rien je pense juste que certaines matières sont des matières d'agrément et que certains cycles pourraient être raccourcis car on les allonge de plus en plus probablement pour diminuer les chiffres du chômage et puis si l'étudiant fait X ans d'études ca sera aussi autant d'imputer sur sa retraite vu qu'il n'arrivera pas forcément à bosser jusqu'à 70 ans vu que dès qu'on a 50 ans on est vieux pour l'entreprise française. La preuve certaines personnes créent des master bidons juste pour pouvoir être directeur de M2 (et donc gagner plus d'argent).

Maintenant il existe même des certificateurs d'orthographe. Certes, pas mal de gens ne savent plus écriture correctement mais visiblement certaines personnes ont trouvé une façon de se faire de l'argent en inventant ce genre de certification.

Avant on ne demandait pas aux gens de tout prouver. Les gens des années 80 beaucoup se sont formés sur le tas ils n'avaient pas de master et n'étaient pas stupides. Je donne un exemple extrême mais Jean Moulin est devenu préfet avec une simple licence de droit et Albert Kahnn est devenu directeur de banque avec une licence de droit. On ne leur a pas demandé un bac+7 à eux.

Certaines boites demandent des niveaux élevés aux gens alors qu'eux on ne leur a jamais demandé autant. Par exemple certains notaires sont devenus notaires en passant le concours avec seulement un M1. Maintenant on demande forcément un M2.

Une fois j'avais lu un article d'un juriste qui disait que de son époque avec un Dess on faisait beaucoup de choses et il trouvait ca navrant qu'on demande autant aux jeunes diplômés de nos jours.

Je suis ok que par exemple pour un notaire de ne pas laisser un notaire officier sans diplôme car il y a des actions en responsabilité. Même chose pour un architecte.

Mais si on prend les niveaux du dessous il y a abus. par exemple assistante juridique ne nécessitait pas de master 2 avant 2012. Pourtant les gens ne sont pas plus bêtes. Avant le M2 était un niveau de cadre et la personne titulaire de ce diplôme était juriste.

Donc on dévalorise les niveaux. Donc dans 10 ans on demandera peut être un diplôme d'avocat pour être assistant et l'avocat devra avoir quoi ?

Pour les erreurs d'orientation je pensais plus à celle du genre tu fais une formation tu bosses dans un domaine ta branche s'effondre et là si tu repasses par la casse formation car tu es au chômage les recruteurs te demandent des comptes comme si tu avais commis un crime alors qu'il n'y a rien à justifier. Tu refais une formation pour pouvoir bosser car ton niveau est inadapté ou parce que les métiers mutent et que le tien a disparu avec les NTIC.

Par exemple avant 2012 tu avais énormément de job d'assistant juridique et aucun ne demandait de M2. Maintenant on a un peu l'impression que la société ne veut que des cadres. Tout le monde ne peut/veut pas être patron.

Ou bien quand une personne ne trouve pas dans sa branche dès lors qu'elle cherche ailleurs elle doit faire face à une série de questionnement même un policier ne poserait pas autant de questions. Et on lui dit vous n'avez pas un profil similaire ben oui normal vu qu'elle se reconvertie elle le sait elle leur dit. Et en plus on la trouve louche car elle refait des études sur le tard. Mais quel mal a t-elle commis ? Certains jeunes font des filières pro car veulent bosser ensuite le marché demande des niveaux plus élevés donc ils refont des études.

Par exemple l'autre fois sur facebook je parlais avec une personne de 40 ans qui était Rh responsable avec un bac+2. Son patron est parti aux USA donc elle s'est retrouvée au chômage. Et on lui dit vous n'avez pas de master. Mais elle a de l'expérience.... Et sauf que quand elle a fait ses études c'était pas la mode de faire 10 ans d'études. A l'époque où elle a fait ses études les filières BTS permettaient de s'insérer rapidement peut être qu'elle avait besoin de gagner rapidement de l'argent tous les parents n'ont pas les moyens de payer des études longues à leurs enfants donc certains font je pense des filières courtes pour cette raison. On ne peut pas reprocher à quelqu'un d'avoir fait une formule pro et de dire tu aurais du faire un master. Sinon on supprime les BTS et on oblige tous les jeunes à faire des formules master. Dans ce cas ok tu peux reprocher aux gens d'avoir fait des études courtes mais proposer des cursus courts et reprocher ensuite aux gens comme ceux de mes exemples de pas être des bosseurs car ils n'ont pas fait des bac+ X c'est peu rationnel car c'est l'Etat qui proposait ces formules là.

Autre cas. Une fois chez pole emploi j'avais croisé une fille qui s'était arrêtée de travailler pour élever ses enfants et avait donc un trou. Même si dans la théorie on dira le trou se justifie en mettant en avant qu'elle a plein de qualités du type la patience avec ses enfants, qu'elle sait gérer un budget, etc. il faut être réaliste le patron voit des jeunes qui arrivent tout le temps entre la fille qui a élevé ses enfants pendant 7 ans et le jeune il préfère le jeune qui coute pas cher qu'il croit plus maléable et plus adaptable que quelqu'un qui était hors du marché. Pourtant où est la différence avec le lycéen qui lui n'a jamais bossé dans l'entreprise ? aucune. La femme au foyer a un plus elle a déjà vécu en entreprise.

Le jeune a pour lui sa jeunesse (la société française n'aime pas trop les vieux) et sa capacité à apprendre rapidement (bien que les vieux le puissent aussi vu qu'on entend parfois des gens faire des thèses ou passer le bac en étant en retraite). De plus souvent les anciens ont pour eux ce recul sur le monde qu'un jeune n'a pas, la patience et l'indulgence car ils sont passés par là.

Une fois en entretien j'étais derrière une personne et la recrutrice était plus jeune. Selon sa théorie étant plus âgée le candidat n'acceptera pas de se laisser manager. Je pense que le problème vient plus du patron mal à l'aise et que beaucoup de gens plus vieux ont l'humilité de recommencer à zéro car ils ont besoin de ce boulot. Et donc c'est vraiment dommage de pas laisser la chance aux gens juste pour une histoire d'âge.

Je suis assez d'accord avec Portalys ce n'est pas une question de maturité de se projeter dans un job. D'ailleurs pourquoi des gens qui ont un bon salaire plaque tout parfois à 30 ou 40 ans ? C'est parce que quand tu sors du lycée tu as une vision qui est différente de celle que tu auras à 30 ou 40 ans. Par exemple à 20 ans tu vas peut être te dire Disney c'est fun j'ai envie de bosser chez eux mais à 30 ans tu penseras surement différemment. On ne peut pas exiger d'un lycée d'avoir une vision globale du marché. Le lycée étant un univers scolaire donc pas orienté marché du travail.

Après je suis d'accord avec toi que certains étudiants foutent rien.

Je pense que ce n'est pas une histoire de bosser mais une question de savoir si le système fac te correspond ou pas. J'ai connu des étudiants qui vivaient mal le système fac pas sur les plans notes mais sur le fait que tu es très isolé en faculté. Et tout le monde ne gère pas forcément bien cette solitude. En fac de droit ce n'est pas super évident de se faire des amis et même s'l faut se dire qu'on fait des études pour soi reconnait que la solitude en université est assez dure à vivre.

Moi je me souviens j'ai fait une année de L1 et après j'ai fait une formation pro car je suis quelqu'un qui fonctionne à l'apprentissage/application ce qui est pragmatique. Donc à l'époque pour un truc il fallait faire un exposé et je suis tombée sur une fille qui foutait rien. Donc j'ai tenté d'expliquer à cette fille

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Paris, Le 29/11/2016 à 18:21
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Et la fille s'en foutait elle venait pour une bourse. Du coup j'ai fait l'exposé entier je l'ai divisé en 2 car moi j'avais pas envie de planter mon année. Elle, elle s'en foutait la carte étudiante lui permettait d'avoir le restau U et le ciné pas cher...le droit elle n'en avait rien à faire. Donc je vois très bien les étudiants dont tu parles. Mais donc si tu fais des mauvais choix de groupe ou de coéquipier c'est compliqué de survivre en fac . Personnellement c'est surtout cet isolement que j'ai trouvé dur en fac.

Ma fac les gens venaient et partaient comme dans un moulin car le lieu où elle était située (face de province) fait que les gens repartaient chez eux pour bosser à cause des trajets. Donc difficile de se faire des amis dans ce genre de conditions. Donc je suis aussi partie en voie pro pour cette raison. même si on ne fait pas d'études pour les autres je trouve très difficile de faire des études en étant isolé. Après ca dépend des gens mais moi je peux pas je suis quelqu'un naturellement social et j'ai besoin d'être avec des gens.

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Alpes-Maritimes, Le 29/11/2016 à 18:26
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Bonjour Portalys,

En effet, certaines de tes observations sont justes, et légitimes. L'université et l'enseignement du droit qui s'y fait sont perfectibles, et l'orientation est en France un problème important pour les jeunes bacheliers.

Cependant, je ne peux qu'être d'accord avec Yn, et poussepain, qui apprécient la situation avec les nuances et le recul nécessaire à toute analyse.

Que l'enseignement soit un domaine perfectible au sein de nos universités, que les différences socio-économiques jouent un rôle important dans l'avenir des étudiants, que l'étude du droit sous ses diverses formes demande un travail long et parfois fastidieux pour se démarquer... sont tout autant d'observations plus évidentes que pertinentes.Ces problèmes sont complexes, et les situations à proposer sont celles qui tendent vers le mieux, avec pragmatisme et sans illusions idéalistes.(si "solution" il y a à apporter... je ne vois pas vraiment un problème dans la sélection et dans le "concours caché" que vous dénoncez dans l'université, mais plutôt une réalité en accord avec la compétition qu'est le marché du travail, et la vie du travailleur en général ; avis entièrement personnel et de fait, biaisé)

Le système de la faculté il est vrai, demande aux étudiants de faire preuve d'autonomie, de rigueur et de méthode. Si ce système ne convient pas à tout le monde, dire que les étudiants sont livrés à eux-mêmes me semble réducteur, voir complétement faux. L'acquisition de ces qualités n'est elle pas d'une part, l'un des buts premiers poursuivi par le format des enseignements de l'université ? Ne peut on demander d'autre part à des élèves autour de 18 ans de faire les efforts leur permettant d'acquérir ces compétences, pour leur bien et surtout pour leur avenir ? Enfin, sommes nous vraiment seuls nous étudiants, pour "réussir notre droit" ?

Les chargés de TD, les associations étudiantes, l'immense collection de blogs/manuels/guide écrits soit par des étudiants, soit par des professeurs de droit, les forum d'entraide comme celui ci sont en première ligne pour soutenir l'étudiant impliqué et de bonne volonté, dans sa démarche de progrès et d'apprentissage au sein de l'université.

Pardonnez moi de ne pas comprendre le coeur du problème que vous posez. Le manque ressenti de débouchés du droit, ou la rémunération vous semblant trop basse de certains des "métiers du droit", l'inégalité des chances des étudiants en droit que vous ressentez, ou même le manque de suivi de ces derniers... Beaucoup de sujets radicalement différents, pour au final si je comprends bien, dire que le droit, c'est à fuir absolument ? (sauf pour les enfants privilégiés, les masos voulant faire des études non "rentables", ceux prêts à ne pas gagner leur vie, ou les "doués" naturellement (?) de l'autonomie et de la rigueur imposées par la jungle où nous nous voyons livrés, pauvres L1)

Ce triste tableau que vous dressez là, n'est pas celui de la réalité à mon sens, mais plutôt votre ressenti vis à vis d'études ou plus simplement d'une fillière qui ne vous conviennent pas et que vous subissez. Nous disposons en tant qu'étudiants de tous les outils nécessaires à notre réussite. Sont-ils perfectibles ? Oui, c'est évident et ceux qui proposent ces outils travaillent en permanence à les améliorer. Vont-ils permettre à l'étudiant feignant, involontaire ou peu attiré par le droit (Je ne me permettrait évidemment pas de vous juger et encore moins de cette manière, et vise ici bien évidemment l'immense majorité de ceux qui échouent que vous citez plus haut), de réussir et d'obtenir une rémunération (en compensation de quels efforts, du coup) élevée avec un lien de causalité direct ? Non, et je dirais que ce n'est pas un défaut, et que cette situation est celle de toutes les facultés, qui mettent l'étudiant dans les conditions de la réussite, en lui donnant le ballon et lui demandant de transformer l'essai par son travail, sa volonté, sa rigueur et sa détermination.

Je pense qu'on peut s'épanouir à travers des études de droit qui ne sont pas une fin en soi mais, comme toutes les études, un cheminement vers l'avenir auquel on prétend. Que cet épanouissement n'est pas forcément synonyme d'argent, de gloire ou de notoriété. Que les études de droit offrent une multitude de débouchés, bien au delà des seuls carrières d'avocats(qui exercent pourtant une immense variétés de fonctions à travers des centaines de compétences et de rôle différents, à travers leurs spécialisations et profils) notaires et huissiers, dont l'accès est possible d'ailleurs via le travail, en témoignent les membres du forum concernés et les milliers d'étudiants de tous milieux qui exercent ces fonctions. Ces débouchés sont très ou très peu rémunérateurs, et ont tous leurs avantages, leurs défauts, et leur sélectivité.


La formation qui nous est proposée n'est pas parfaite, le système éducatif dans lequel elle s'inscrit non plus, et le marché du travail à la sortie de celui ci non plus. A nous étudiants, d'accepter ces injustices et ces imperfections, inhérentes à tout ce que nous humains entreprenont, et d'essayer dans tirer ce que nous jugeons être le meilleur. La faculté n'est pas là pour fournir directement une promesse de travail à celui qui s'y inscrit selon moi. C'est un tremplin dont le faible coût pour un étudiant même non "fils de", permet de se donner les moyens de réussir, et à lui de déterminer ce que sera sa réussite, dans le domaine qui lui plaira.
Les mieux placés pour changer ce système qui vous déplait tant, ce sont ceux qui en font partie. Et si vous aspirez tant à réussir votre vie professionnelle grâce à vos études de droit, donnez vous les moyens de réussir car les outils sont juste là, sous notre nez.

Vous l'aurez compris je suis étudiant en première année, et agacé de ce discours que vous tenez ici Portalys, et que tant d'autres tiennent dans mon amphithéatre. La frontière entre l'élève qui n'aime pas le droit, échoue à la faculté et qui choisit de se réorienter et celui qui échoue(pas forcément dans les notes uniquement, mais aussi dans le plaisir des études) et accuse un système inégalitaire, injuste, mal adapté et bouché sans avoir fourni l'effort ni d'améliorer dans la mesure de ces capacités ce système, ni de faire avec en tentant d'accepter que les études et la vie sont difficiles... est primordiale à mon humble avis. Et si j'ai beaucoup d'empathie pour les premiers et leur souhaite de trouver leur véritable voie, je n'aurais pour les seconds et pour tous les étudiants que nous sommes qui blâment tous et tout, que ces derniers mots:

Prenons un peu de recul, documentons nous, réfléchissons aux solutions qui s'offrent à nous puis agissons. La critique du "système" est facile, se remettre en question, surtout à notre jeune âge, beaucoup moins.

Paris, Le 29/11/2016 à 18:35
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Hello

Je ne sais pas pour qui tu parles perso j'ai 31 ans donc j'ai de l'expérience dans le monde pro et dans les différents cursus.

Tu n'es qu'en L1 et tu n'as jamais mis les pieds dans le monde du travail donc comment peux tu juger des gens plus vieux que toi qui eux ont travaillé et donc ont largement de quoi comparer la différence entre ce qu'on peut voir en filière universitaire et le monde réel.

J'ajoute aussi que les gens qui se réorientent ne sont pas des ratés comme tu l'indiques avec une condescendance immature.

Par exemple un de mes amis a fait partie d'un PSE dans une banque est-il un raté ? Certainement pas. En droit on voit beaucoup des L1 posait des jugements de valeur alors qu'ils ne sont pas encore aller se frotter au monde réel.

On en reparlera quand tu auras trimé un peu tant dans le monde pro que dans les années supérieures car en L1 tu n'as encore rien vu ni de la vraie vie ni du monde pro.

Ajoutons à ceci qu'une expérience personnelle ne se résume certainement pas à un diplôme ca serait réduire l'humain à peu de chose.

Donc effectivement tu devrais commencer par appliquer ce que tu indiques "prendre du recul".

Et je t'informe qu'une reconversion implique de reprendre un autre chemin et nécessite certainement plus d'humilité que la critique facile d'un L1 qui vit encore chez ses parents n'a pas de problématique de loyer etc.

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Alpes-Maritimes, Le 29/11/2016 à 18:56
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Navré que tu aies pris ce message contre toi lamusicienne ! Il n'est d'abord contre personne, et s'adresse à l'auteur de ce post qui a donné son point de vue, auquel je répond, sur la faculté, les études de droit, les "fils de" et tout un tas d'autres questions dont je parle ici...

Loin de moi l'idée de critiquer ceux qui se réorientent comme je le dis dans mon message, car c'est un bon choix quand des études ne conviennent pas à quelqu'un, qui est souvent synonyme de réussite futur car ils peuvent y trouver l'épanouissement, c'est un choix qui leur appartient et qui montre une bonne maturité et justement, le recul dont ne fait pas preuve portalys. J'ai rédigé mon message pendant que le tien était rédigé, et ai posté sans voir tes messages qui précédaient celui que j'ai posté. Je m'adresse à Portalys qui justement comme moi est en L1 et se permet de critiquer tout un système éducatif et d'en faire une caricature qui ne me semble pas juste, au lieu de se remettre en question.

Navré si mon message n'était pas explicite, il ne t'était pas adressé et les idées que j'y ai émises sont peut être donc mal interprétées... ce n'était pas mon intention, et je prefère donc le clarifier.

Paris, Le 29/11/2016 à 19:06
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ok pas de souci :-)

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Le 29/11/2016 à 20:53
Juriste intéressé


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Bonjour à tous,

Personnellement, je ne pense pas que le droit soit un domaine bouché. Au contraire, les études de droit mènent à tout.

A cela, il faut y ajouter un MAIS.

Tout d'abord dans le cadre des études universitaire, le Master 2 de Droit reste trop THÉORIQUE. Tu sors de tes études et tu n'apprends pas à rédiger des actes juridiques. Tu apprends sur le tas en entreprise. D'où l'importance d'avoir quelqu'un qui va te former dans ta vie professionnelle.
Le résultat est frappant, pour un premier job, il faut parfois plus d'un an.

Toujours sur l'aspect professionnel, aujourd'hui faire du droit n'est plus suffisant. Il faut passer d'autres diplômes tels que les LLM, MBA pour compléter ta formation.

Enfin, et c'est ma vision, le juriste à une place bien particulière dans l'entreprise. Dans le mauvais coté, c'est le mec chiant que va te dire ce que tu peux ou ce que tu ne peux pas faire. C'est aussi, un métier qui est dominée par d'autres profession. Un juriste en cabinet d'avocat ou en cabinet d'expertise comptable sera bloqué dans son évolution. Car dans ces structures la promotion professionnel passe pour le métier dominant.

Mis à part ces cotés chiant, le droit est une matière passionnante à vivre au quotidien. Autrement dit, le droit ne sera jamais bouché pour une personne passionnée par ce qu'elle fait.

Le 29/11/2016 à 21:14
Juriste aux dents longues
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Jb1 : je ne critique pas, je constate simplement la réalité. Tout le monde est égal sur le papier, mais la réalité est bien différente. Non, il ne suffit pas de réussir ses études pour devenir huissier de justice. Allez trouver un stage chez un huissier quand vous même n'avez pas un proche huissier... C'est possible mais très difficile. De plus, comme je l'ai déjà dit, à travail égal, le fils d'avocat réputé et le fils d'ouvrier auront tous les deux les mêmes chances d'accéder à la profession d'avocat. Mais, et c'est là toute la différence, le premier partira avec des avantages énormes : il pourra bosser chez Papa et reprendre le cabinet un jour. Le second devra cravacher en temps qu'avocat salarié, probablement toute sa vie. Car monter son propre cabinet, ça coûte cher, surtout quand on a besoin d'argent immédiatement (cf le fils d'ouvrier qui n'a personne pour l'aider financièrement). Il faut arrêter de se fourrer le doigt dans l'oeil ! Tout n'est pas aussi simple que ça... Il ne suffit pas de réussir ses études, il faut aussi avoir le coup de pouce de la vie pour pleinement réussir dans le droit. Le concours de l'ENM en est également un bon exemple : quasiment tous ceux qui l'obtiennent sont issus de Sciences-Po Paris. Le profil type de l'auditeur de justice est une jeune femme aux parents aisés, excellente élève, ancienne élève de Sciences-Po. Elle n'a eu aucun mal à trouver l'argent pour se financer une prépa privée au concours...

Le 29/11/2016 à 21:21
Juriste aux dents longues
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... et même si il existe des prépa "égalité des chances", on ne m'enlèvera pas l'idée que c'est une vaste plaisanterie. C'est juste du maquillage, de l'artificiel pour dire "vous voyez, tout le monde est sur un même pied d'égalité !". Même chose pour l'ENA qui tente de se "démocratiser", mais personne n'est dupe.

Vosges, Le 29/11/2016 à 21:22
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Salut

Une question à méditer.
Vous affirmer qu'il faut ce "coup de pouce dans la vie" pour réussir. Voulez vous prouver ici qu'une force supérieure existe ? Car sinon comment expliquer le premier homme de votre merveilleuse chaîne du fils de ? A part des études et un travail de qualité...

Moi je dis ça...

A plus

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Mon précieux :
http://www.juristudiant.com/forum/charte-de-bonne-conduite-a-lire-avant-de-poster-t11.html

Le 29/11/2016 à 21:24
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C'est simple : à une certaine époque, tout était plus facile. Il y avait moins de concurrents sur le marché du travail, les banques prêtaient plus facilement... Ce que je dis s'applique à la France de 2016.

Le 29/11/2016 à 21:27
Juriste aux dents longues
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De nos jours, le M2 est devenu la norme... Il existe une inflation des diplômes, et la demande est nettement supérieure à l'offre sur le marché juridique. Le droit est, rappelons-le, la discipline qui attire le plus de monde à l'université française. Pas besoin d'avoir un doctorat en économie pour comprendre que le marché juridique ne pourra jamais absorber efficacement tous les diplômés en droit qui sortent chaque année. Ceux qui s'en tirent vraiment gagnants, c'est encore une fois ceux qui sont aidés par la "force invisible" qu'est le fait d'être "bien tombé".

Alpes-Maritimes, Le 29/11/2016 à 21:57
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On est d'accord sur le point du "trop grand" nombre de master 2 délivré qui signifie qu'un master 2 n'équivaut pas à un "bon emploi" directement...

Et personne ne contredit le fait qu'avoir de l'argent facilite la réussite. Mais dire que c'est uniquement le cas dans le droit, ou que le droit n'est pas une bonne filière à cause de cet "avantage" conféré par l'argent et le milieu social, ou pire, qu'il est impossible d'accéder à des postes à responsabilité ou de réussir professionnellement sans des parents aisés ou un piston... c'est tout simplement faux. Comme l'ont dit les personnes avant moi, c'est une évidence que des parents d'un milieu favorisé auront statistiquement des enfants qui gagneront mieux leurs vies, ou bien qu'ils ont plus de chance de réussir... Mais il ne faut pas faire de cette réalité, qui est présente dans absolument tous les domaines d'études, une spécificité du droit, qui fasse que sans cette "force invisible" dont vous parlez, on n'aille pas en droit si ça nous chante... car il est possible, même si plus difficile, de réussir sans parents aisés. Personne de sensé ne dit que l'égalité des chances est une réalité. Mais par contre, qu'il est possible via son travail et son sérieux ainsi que par l'utilisation des nombreuses ressources à notre disposition de réussir même sans parents aisés en France est possible, c'est aussi une réalité, et une chance/réussite. Ne mélangez pas ce qui n'a pas lieu d'être... l'article du professeur Morvan, qui semble être à la base de certains de vos raisonnements, est très juste. Mais il cherche à aider les étudiants à faire leur place dans ce système compliqué en se démarquant, en leur donnant des pistes d'améliorations pour justement réussir dans ce système, là où vous faites simplement un constat, complétement exagéré, sur la réalité du marché du travail et des débouchés qu'offrent les facultés de droit. Je comprends votre pessimissme, mais à en juger par les exemples de réussite du forum, ou tout simplement par les témoignages d'anciens et d'actuels élèves de M2 sélectifs, la place du piston et de l'argent, aussi existante qu'elle soit, n'est pas LE facteur de réussite majeur, car il peut être surmonté et dépassé.

Alpes-Maritimes, Le 29/11/2016 à 22:02
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Alors oui, Portalys, les études et la vie sont injustes... mais si vous désirez vous dresser en rempart contre l'injustice, alors peut être trouverez vous votre place dans une carrière juridique... au risque d'être déçu, si vous pensez que "l'égalité des chances" est possible partout et pour tous, quand le monde est profondément inégalitaire.


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