Bonjour Nicomando,
Tu soulèves un point important : ne pas rester bloquer sur le métier de notaire.
Certes, je me suis inscrite en droit pour devenir notaire. Mais, à présent, quand j'y repense, c'était un moyen pour moi de me décider car comme je l'expliquais dans mon premier message, j'ai besoin d'un point d'attache, j'ai besoin de savoir où je vais. Indécise, je devais choisir (j'ai vraiment eu du mal, et pour couronner le tout, j'ai un caractère de "balance", je passe d'un extrême à l'autre...). J'avais cette idée de métier alors je me suis dit : "arrête de chercher midi à quatorze heures, tu veux devenir notaire, tu fais du droit". Le sujet était clos.
Au cours de cette première année de droit, j'ai commencé à voir les choses différemment. Au premier semestre, j'ai eu un cours d'institutions juridictionnelles : j'ai découvert avec plus de précisions d'autres professions telles que magistrat, avocat (et encore, ce sont des professions très classiques quand on parle des métiers du droit), etc. J'ai cessé de voir le notariat comme la seule porte de sortie. J'ai ouvert mon esprit à d'autres possibilités. De plus, je me suis vite aperçue que ce n'est pas en première année que l'on décide de son futur métier, en tous cas pour moi. Je viens à peine de découvrir le droit, j'ai abordé peu de matières fondamentales en première année. Il est donc judicieux (dans mon cas) d'attendre encore un peu, d'avoir plus de maturité dans cette matière pour me décider véritablement.
Et comme tu le soulignes, les matières qui me plaisent le plus ne sont pas trop celles de notaire ! Je vais raconter une petite "anecdote".
Au début de l'année, j'étais donc arrêtée sur le métier de notaire et il est vrai que de prime abord, je préférais le droit des personnes au droit constitutionnel (ce dernier me paraissait plus difficile à aborder, à comprendre les mécanismes, les tds étaient plus difficiles à faire). Je disais donc que j'appréciais plus le droit privé et que j'avais du mal à comprendre les publicistes

Un copain m'a dit un jour : " je te verrais bien préfet" (mdr! est-ce un compliment ? A vrai dire, je ne sais pas trop!). Cela me faisait bien rire, car qui dit préfet, dit matières de droit public.
C'est au second semestre que les choses ont changé ; enfin surtout au moment du partiel de droit constitutionnel du premier semestre. J'ai abordé ces premiers partiels avec beaucoup de stress car selon moi, je m'étais mal préparée à cause d'une remise en question au moment des révisions. J'avais peur d'échouer, de me prendre une taule.
En faisant le partiel de droit constitutionnel, j'ai eu un déclic : j'ai aimé composer, j'ai aimé réfléchir sur le sujet. J'ai pris plaisir à faire cet examen. A la sortie, je n'étais pas 100% satisfaite de moi (je pense que cela n'arrivera jamais! J'ai du mal à m'auto-évaluer et à savoir si j'ai réellement réussi ou pas). Mais, j'étais plus sereine (d'autant plus que cette matière est l'une des plus importantes (gros coeff) et la plus difficile à mes yeux d'élève de première année) : je n'avais pas foiré. Ouais, j'étais soulagée.
Le deuxième semestre a commencé, j'étais énormément motivée (effet des partiels ?). Et surtout, ma vision sur le droit public avait totalement changé. Tout de suite, j'ai adoré le droit constitutionnel de la Ve République avec ce cher Général de Gaulle. La construction de la Ve République, les compromis, l'ambiguité du texte constitutionnel de 1958, l'interprétation du général de Gaulle, le présidentialisme majoritaire, la cohabitation : j'adorais (j'aime toujours d'ailleurs) ! Et puis, c'est vrai, je l'avoue ma note au partiel du premier semestre m'a encore plus motivé. J'avais réussi, alors pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?
Et puis, grâce à cette matière, j'ai vraiment compris le monde qui m'entoure. Avant, j'étais un peu "inculte", je ne m'y intéressais pas vraiment, l'Assemblée nationale, le président de la République, la Constitution, c'était un peu du charabia pour être honnête (pour moi, la Constitution du 4 octobre 1958, cela se résumait à : "le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple" mdr! quelle vision restrictive!). Avec le droit constitutionnel, je suis rentrée au coeur de ces institutions, j'ai compris comment elles fonctionnaientt. En plus, cette année : élections présidentielles, législatives... Cela tombait relativement bien !
La petite élève de première année qui fuyait les matières de droit public était devenue tout autre. J'ai aimé le droit de la famille mais pas autant que le droit constitutionnel de la Ve République (ma prof était vraiment excellente et passionnée par cette matière, je le répète! Cela y fait beaucoup, à mon avis).
Tout ça pour dire que l'on est pas à l'abri de reviremment (de jurisprudence?lol), même les plus extrêmes. C'est pourquoi, je sais pertinemment que je ne dois pas me bloquer sur le notariat, d'autant plus que le droit offre une multitude de possibilités. J'ai encore quelques années pour me décider et choisir la branche qui me correspondra le mieux et où je m'épanouirai.
J'ai aussi aimé, au cours du second semestre, les institutions administratives (avec cette matière, j'ai enfin su ce que faisait précisément un préfet ; elle m'a totalement ouvert les yeux sur le fonctionnement de l'administration) et science politique, mais je m'en suis rendue compte qu'au moment des révisions (ma prof était très gentille mais on s'endormait facilement, surtout que c'était au moment de la digestion!lol).
Par contre, je ne suis pas à la fac d'Aix, je suis à la fac de Toulon. Je pense que je vais y rester jusqu'à la fin de ma licence et après j'irai dans une autre fac. En effet, les masters proposés par ma fac sont peu nombreux et ne m'intéressent pas vraiment. Et puis, c'est vrai, je l'avoue, je veux partir de chez Papa-Maman ! Et si possible aller dans une grande ville...
Bonne journée!