Bonjour,
Pour simplifier…
Je n'aime pas trop ce terme de "rétroactivité".
Une convention, c'est – en réalité – le droit des contrats. Vous signez un document qui vous engage vis-à-vis de tiers (ceux qui ont signés avec vous cette convention ou, plus vaguement, la "communauté européenne", ou encore "Union européenne"), vous devez respecter les engagements que vous avez signés et vous devez les respecter dès la signature dudit contrat, ou dès la date d'entrée en vigueur prévue par ce même texte (sous réserves d'aménagements, toujours prévus par ce texte ou d'autres de même droit), peu importe qu'on ne se rende compte qu'ultérieurement que vous ne les avez pas respectés. C'est ce qu'on appelait, dans le temps, le "respect de la parole donnée" à l'égard de ceux à qui vous avez "donné votre parole". Donc, il n'y a rétroactivité que jusqu'à la date de signature/entrée en vigueur mais c'est une "fausse rétroactivité" : le texte s'applique (s'appliquait déjà, aurait dû déjà s'appliquer) dès son entrée en vigueur. Point.
Comme ce serait le cas d'un contrat de droit privé.
(lorsque vous signez un contrat de prêt avec un organisme bancaire, vous êtes bien d'accord que vous lui devez vos premières primes mensuelles, quand bien même l'organisme de prêt ne se rendrait compte que seulement quelques mois plus tard qu'elles n'ont pas été prélevées parce que votre compte était systématiquement à découvert et que vous êtes maintenant "ficp"…)
Une loi qui serait contraire à cette convention ne peut donc plus être appliquée à partir de cette date.
Pour la constitutionnalité, c'est seulement un problème franco-français. On a pondu "intra-muros" une loi dont on constate par la suite qu'elle est contraire à la Constitution. Le mécanisme franco-français qui est prévu comme seule conséquence est sa modification ou son abrogation. En attendant qu'elle soit modifiée ou abrogée, elle s'applique. Sauf, pour les affaires en cours, quand le Conseil constitutionnel a dit qu'il ne fallait plus l'appliquer (et encore, vous avez remarqué récemment que, concernant une sombre histoire de garde à vue…).
Pour simplifier…
