Bonjour,
A mon humble avis, c'est peut-être parce que vous mélangez deux notions essentiellement différentes, selon moi. Celle de faute, au sens pénal du terme, et celle de responsabilité qu'on considère souvent sous un sens pénal. Quand on dit que quelqu'un qu'il est "responsable d'un accident", on veut souvent dire par là qu'il est le fautif, le coupable, donc "sanctionnable" au sens pénal du terme.
Or, "responsable" ne fait que désigner celui qui a été à l'origine du fait générateur d'un [u:1c0zmt77]dommage[/u:1c0zmt77], dommage qui doit être réparé par l'auteur de ce dommage ("Tout fait quelconque de l'homme…ou sa négligence ou son imprudence…qui cause à autrui un dommage…") OU par qui doit se substituer à cet auteur parce qu'il était juridiquement "répondant" de l'auteur - ou de l'objet, ou de l'animal - qui a causé le dommage ("mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa garde… Le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert…"). Dans un cas comme dans l'autre, c'est normalement l'assureur en "responsabilité civile ou professionnelle" qui doit casquer.
Lorsqu'il y a "faute de service", donc un préposé de l'État agissant au nom de l'État et dans le cadre de ses fonctions, c'est l'État qui a la responsabilité d'indemniser la victime de son dommage, puisqu'il répond des personnes qu'il a sous ses ordres. Il y a "faute détachable du service" lorsque le préposé a outrepassé ses fonctions. Tel ce préfet musclé et ce commandant de gendarmerie athlétique qui avaient joué les incendiaires clandestins et nocturnes de certaines paillottes, alors qu'il y avait un arrêté d'expulsion et de démolition…
"Responsable", c'est celui qui doit payer (ou son assureur) les réparations nécessaires pour compenser les conséquences du dommage. Il peut donc y avoir cumul de responsabilités, sans dépasser le plafond de l'indemnisation intégrale. Le droit à indemnisation de la victime du dommage peut éventuellement être réduit en fonction de ses fautes personnelles.
"Fautif", c'est plutôt celui qui va payer l'amende éventuelle (et sûrement pas son assureur ou l'État), voire faire de la prison pour la faute qu'il a commise. Ici, la victime de la faute, de l'infraction pénale, n'intervient pas directement.
Généralement, "fautif" = "responsable" donc l'amalgame est facile. Mais ce n'est pas toujours le cas.
Il peut même arriver qu'on soit "fautif" et qu'on soit indemnisé quand même. Donc, dans ce cas, la victime [u:1c0zmt77]du dommage[/u:1c0zmt77], pourtant "fautive" de l'accident ("auteur de l'accident"), est indemnisée par la victime [u:1c0zmt77]de l'accident[/u:1c0zmt77] ("auteur du dommage").
Selon moi.
