Bonjour,
Citation :
action paulienne = action du créancier qui vise à demander la révocation des actes passés par le débiteur, lorsque cet acte a été passé en fraude des droits du créancier.
Attention, attention ! C'est l'erreur à ne pas faire si, quand vous serez plus tard juge dans une cour d'appel, vous ne voulez pas vous faire retoquer par la Cour de cassation !
Dans le cadre de l'action paulienne, vous, en tant que créancier ce coup-ci, ne demandez pas du tout la révocation de l'acte litigieux, qui reste parfaitement valable. Vous demandez seulement à
"échapper aux effets de cet acte", nuance ! C'est-à-dire que vous demandez à pouvoir saisir directement le tiers bénéficiaire de cet acte, qui lui n'est pas insolvable, et pour cause. Et pour ce faire, il vous faudra montrer, à défaut de démontrer, que votre débiteur s'est bien rendu totalement insolvable par l'acte en question, alors qu'il ne l'était pas avant. Donc, comme vous l'avez écrit, "en fraude de vos droits", en tant que créancier, et non pas en fraude de ses droits, en tant que vendeur ou donateur.
(voir file récente sur ce même forum sur le sujet).
Ici, il semblerait que ce ne soit pas le cas. Le débiteur à cédé, ici en position de créancier, deux créances, mais normalement, quand on cède une créance, on récupère les picaillons correspondants, qui tombent donc dans le patrimoine de la société.
Laquelle a encore une créance à se faire payer, donc pas tout à fait insolvable. Du moins, au vu de l'énoncé, rien ne permet de penser le contraire.
La cave à vins n'appartenait pas à la société et ce n'est pas le gérant qui est le débiteur, mais la société.
Si c'est une société du genre "à responsabilité limitée", comme son nom l'indique, les biens personnels du gérant sont protégés, sauf faute personnelle (et sauf s'il s'est porté personnellement caution sur ses biens propres, ce qui est souvent le cas).
Ce qui, sans autre précision, n'est pas le cas ici.