Versailles 2003 - cas pratique

Annale - Droit des obligations - 125 Vue(s) - Annale 2003
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Contenu de l'annale


La chaleur de l’été 2003 est écrasante. Les habitants du petit village de Poët-Laval en Drôme Provençale préfèrent vivre la nuit et décident d’organiser un barbecue gigantesque. Les époux Michel, propriétaires d’un magnifique domaine dans ce petit village, proposent de le faire dans leur jardin.

En raison de leur âge avancé, ils demandent à leur voisin, Alfred, de tondre les quelques restes d’herbes jaunissantes de la pelouse. Ce dernier accepte. Il se rend alors dans le garage où se trouve la tondeuse des époux Michel. Alfred commence à tondre mais le terrain s’avère extrêmement sec et les ronces obstruent rapidement la lame de la tondeuse.

Pour effectuer correctement son travail, Alfred essaie de dégager les mauvaises herbes coincées dans la lame. Malheureusement, cette dernière vient cisailler le doigt d’Alfred. Ce dernier se met à crier et les époux Michel accourent en entendant les hurlements.

Alfred est furieux d’autant plus qu’il est considéré comme " l’idiot du village " et que c’est toujours à ses bons et loyaux services auxquels on recourt quand il s’agit d’effectuer une tâche difficile et périlleuse.

Furieux, Alfred s’éloigne du domaine en proférant "vous me le paierez, vous me le paierez ".

En effet, Alfred est surnommé "l’idiot du village" depuis qu’il se prétend être l’heureux gagnant d’un chèque de 100 000 € au jeu par correspondance dénommé " Soleil de l’été" de la société de vente par correspondance "Les Quatre-Suisses ". A la fin du mois de juin, il a reçu un courrier de cette dernière lui notifiant personnellement en caractères gras qu’il avait gagné un prix de 100 000 €. Le courrier indiquait que le gain ne pouvait être acquis que si le destinataire renvoyait dans le délai de dix jours un bon de validation joint.

Alfred, surpris mais heureux, avait alors signé et expédié ledit document et n’avait pu s’empêcher de le proclamer "haut et fort" dans tout le petit village en offrant à tous ses habitants " une tournée générale " au bistrot des Lavandes.

Mais, ce qui devait arriver, arriva. Il ne reçut jamais son lot et il fut alors la risée du village. Ce qui explique peut-être aujourd’hui le comportement violent et agacé d’Alfred à l’égard des époux Michel.

Les époux Michel sont certes étonnés d’une telle conduite mais décident de ne pas en tenir compte afin que la fête puisse battre son plein à la tombée de la nuit. Toute la journée, les habitants du village s’affairent à proposer leurs services pour l’organisation du barbecue. A 21 heures, tout est prêt.

Mais l’orage se fait menaçant. C’est alors qu’une pluie torrentielle s’abat sur le petit village et, en l’occurrence, sur le domaine. Ce qui provoque un glissement prévisible du terrain glaiseux des époux Michel dans le jardin d’Alfred et occasionne à ce dernier la destruction de son cabanon de jardin. De toute façon, ce dernier empiétait sur le domaine des époux Michel de quelques centimètres.