dimanche 18 novembre 2007
Loi LRU: Sur le blocage de la faculté de lettres de Nancy 2
Par Vincent LEBRUN, dimanche 18 novembre 2007 à 20:50 :: Loi LRU- Blocage Campus Lettres
voici reproduit ci dessous le communiqué de presse qu'Inter Asso's (le regroupement des élus étudiants associatifs de l'université UHP et Nancy2) a diffusé auprès des médias.
Ce communiqué de presse fait suite au vote du blocage par des étudiants de la faculté de lettres. Les élus interasso’s de l’université Nancy 2 souhaitent apporter plusieurs précisions :
SUR LA FORME :
Il est regrettable que les débats de deux heures à la Faculté de Lettres n’aient été orientés par les
organisateurs que très peu de minutes sur la loi LRU.
Il eut été nécessaire pour les étudiants présents de disposer de quelques exemplaires de la loi pour
illustrer et s’assurer de la véracité des propos.
S’arroger le droit de représenter les étudiants et de parler en leur nom impose d’avoir recueilli leurs
suffrages lors d’élections universitaires. Cela ne semble pas être le cas de la majorité des
organisateurs.
SUR LE FOND:
La réforme, diffuse et complexe, ne saurait souffrir d’aucun raccourci. Il est élémentaire à la lecture de la loi que ne sont pas concernées dans son champ d’application la question de l’augmentation des frais d’inscription ainsi que celle de la sélection à l’entrée de l’université. Rappelons que ces modalités ne pourront être modifiées que par une loi, votée par le Parlement et non par un malheureux décret ou arrêté ministériel.
Sur les formations dispensées par les universités, la loi renforce le pouvoir d’uniformisation du ministère : « Les activités de formation, de recherche et de documentation des établissements font l’objet de contrats pluriannuels d’établissement dans le cadre de la carte des formations supérieures définie par le code de l’éducation nationale ». Ainsi toutes les universités françaises continueront à proposer aux étudiants des formations communes (au cours des trois années de Licence).
Le financement de l’Etat est maintenu. La seule possibilité offerte aux universités est de lever des fonds (privés comme publics) pour des programmes de spécialisation en valeur ajoutée aux programmes nationaux.
L’habilitation des diplômes demeure nationale. Les diplômes garderont leur caractère national. Le seul critère distinctif sera, tout comme aujourd’hui, la spécialisation des diplômes.
NOTRE POINT DE VUE :
Cette loi LRU n’est qu’un toilettage de l’université française. Elle ne réforme pas en
profondeur l’enseignement supérieur et manque même cruellement d’ambition. Elle est
particulièrement insatisfaisante sur :
- La sous représentation des étudiants dans le conseil d’administration, pourtant les seuls
usagers ;
- Le cantonnement des autres conseils dans une fonction uniquement consulative ;
- Le fait de confier des pouvoirs élargis au Président de l’université sans aucun garde-
fous.
Pour nous,malgré ses insatisfaisances, le blocage et la demande d’abrogation de la loi sont démesurés :les imperfections peuvent être corrigées par un véritable travail de fond de tous les représentants dans chacune des universités.