samedi 1 avril 2006
Conseil de Faculté du 23 mars 2006, PARTIE 1: sur le blocage, la grêve, les élections universitaires.
Par Vincent LEBRUN, samedi 1 avril 2006 à 17:25 :: Compte rendu des conseils de Faculté
Les mouvements étudiants de contestation du CPE ont occupé une grande part des débats du conseil.
Comme je vous l'avez annoncé je suis intervenu pour me faire le relais des réflexions que certains m'avaient transmises par mail ou de vive voix depuis la fameuse assemblée générale du 14 mars. Ce fut pour moi l'occasion d'exprimer mon point du vue.
Je vous livre les élements de mon intervention.
Mon propos s'est axé autour de 3 élements: l'incompréhension des étudiants vis à vis de l'attitude de l'administration, la consultation de vendredi 17 mars, les incidents du scrutin aux élections des conseils centraux que nous avons connu le 22 mars.
Lorsque des troubles surviennent dans une maison, ses membres attendent du pater familias des explications, des conseils; ils ont besoin d'être écoutés et d'être rassurés. Cette attitude a trouvé une illustration lorsque le doyen est venu, acclamé par un grand amphi bien rempli, lors de la seconde assemblée générale pour annoncer la consultation des étudiants en droit sciences économiques le vendredi suivant.
Révolte des étudiants à la lecture de l'article de Philippe MERCIER rendant compte des conditions dans lesquelles se sont déroulées l'ag du 14 mars, paru dans l'Est Républicain daté du mercredi 15 mars.
Bien que certains comportements aient pu entacher cette réunion, il est en revanche insultant pour tous les étudiants de notre campus de lire que ne nous sommes que "des étudiants dépourvus de culture politique mais fortement attachés à leurs sphères d'études", des étudiants à qui l'on reproche de préférer les règles élémentaires de la démocratie à celles des assemblés générales "démocratiques et populaires".
Je rejoins Monsieur le professeur Stéphane Pierré-Caps, sur le fait que si l'administration et des étudiants avaient fait acte de présence, certains propos auraient faits de plus de modération.
Il est fort regrettable qu'aucun droit de réponse ne soit exercé par le Doyen.
A la suite du dépouillement du scrutin, le doyen constatant la souhait des étudiants de voir les cours continuer à se dérouler normalement, les a assuré donc de la continuité du service public de l’enseignement. ().
Or un problème demeure: l'utilisation du K12. Du lundi au mercredi, il est affecté aux AES; du jeudi au samedi aux droits et économistes.
Respecter la consultation du 17 mars et assurer la continuité du service public de l'enseignement c'est exiger et obtenir la libération de cet amphithéâtre pour les étudiants droit et éco qui eux se sont prononcés contre le blocage de leurs locaux. Depuis quand doit on demander l'autorisation pour utiliser ses propres locaux?
En attendant, les étudiants sont délocalisé au CEU (centre universitaire européen) ou CRDP, rue de Metz...
Mardi à 10h, Monsieur le Doyen avait réuni les représentants de l'Uni, de l'Unef, des élus indépendants au conseil de faculté (dont moi même) pour que chacun s'engage au bon déroulement de ce scrutin.
La première journée de scrutin s'est correctement déroulée. La seconde, fut perturbée. A 15h15 une cinquantaine de personnes menées par des responsables de l'unef du campus droit ont bloqué les entrée et sortie du bureau de vote. Le président de l'université fut alors contraint de prendre un arrêté de suspension.
Même si le mouvement actuel de protestation contre le CPE est compréhensible, il ne saurait pour autant excuser ces actions fascisantes. Il est scandaleux que des groupes bâillonnent ainsi les étudiants alors que ces élections constituaient pour eux un moyen unique de s'exprimer librement et indépendamment de toute pression.
J'ai rappelé que l'entrave au bon déroulement d'un scrutin constituait un délit pénal.
La faculté de droit, dans un esprit d'apaisement n'engagera pas d'action, en contre partie de quoi l'éponge sera passée sur les propos déplacés de l'ag du 14 mars.
Le point d'actualité s'est enfin terminé par un échange entre le Doyen et Mr Pierré-Caps. Vous pouvez retrouver la substance de cet échange fort et assez inhabituel en conseil de faculté dans les articles de l'Est Républicain du 28 mars et du 30 mars.
Ensuite l'ordre du jour s'est poursuivi. Cela fait l'objet d'un autre message.
Il est à noter que les élus étudiants membres de l'UNEF ont souhaité faire adopter à la fin du conseil une motion demandant au gouvernement le retrait du CPE.
La motion fut rejetée par 12 voix contre, 3 pour et 4 abstentions.