La semaine qui vient de s’écouler pour les étudiants du campus Lettres Sciences Humaines et sociales de l’Université Nancy 2 est la démonstration des dysfonctionnements de l’université en France.
De l’égalité républicaine par le nivellement.
Depuis le début du blocage, le président n’a cessé de refuser l’emploi de la force publique pour rétablir la continuité des enseignements. Le scrutin organisé par la présidence lundi 3 décembre a révélé qu’une majorité d’étudiants voulait voir le campus débloqué pour la reprise de leurs cours. Le comité de grève, animé par des étudiants ET des enseignants, a confirmé par deux fois, mardi et jeudi, le blocage, niant la loi démocratique de la majorité.
Des bloqueurs ne voulant pas partir. Un président ne souhaitant pas les expulser ; une seule solution : rendre le campus inaccessible.
Quelle différence entre l’expulsion des bloqueurs et la fermeture administrative ?
Dans les faits, aucune. Il s’agit de mesures visant à vider le campus de personnes perturbant le bon fonctionnement des missions de l’université. On peut d’ailleurs apprécier la subtilité de l’arrêté pris. Par la fermeture, le président est autorisé à expulser toute personne s’y trouvant sans chercher à se justifier d’une quelconque prise de position. « Mesdemoiselles, Messieurs les étudiants et personnels, je ne vous expulse pas ; votre présence sur un campus fermé m’oblige à vous expulser… »
Mais on ne résout pas une situation de crise par l’emploie de type de subtilités juridiques.
Dans l’esprit, elle est de taille.
Tous les étudiants et personnels, indistinctement, sont devenus indésirables au sein du campus. Au prix d’une paix relative, on préfère traiter à égalité les bloqueurs et ceux qui veulent travailler. On préfère céder et faire preuve de faiblesse face à la résistance et à l’adversité. Ceci est tout simplement scandaleux. Belle marque d’égalité républicaine par le nivellement !
Des étudiants abandonnés par leur direction.
Du 14 novembre jusqu’au scrutin électronique du 3 décembre, la présidence, s’était maintenue en retrait du mouvement de blocage. Elle s’est contentée de commenter, de porter une attention particulière aux revendications comme si elle était démunie. Bref, elle n’a rien fait.
Reculait elle pour mieux sauter, pour reprendre la main sur le mouvement ? Avec l’organisation du scrutin électronique nous aurions pu le penser, enfin.
Le constat rappelé de la perte de 1500 étudiants entre les rentrées 2006 et 2007, supérieure à l’érosion démographique. Les termes employés par le président de situation grave, mettant en péril les formations en SHS.
Malgré la présentation d'une situation grave, aucune conséquence n’a été tirée des résultats électroniques.
Nous attendons lundi :
ou alors, un campus vide peut offrir des conditions pour permettre la reprise des cours,
ou alors nous regardons brûler notre campus. Surtout n’appelons pas les pompiers : le feu d’éteindra bien…oui sur les cendres des filières SHS nancéiennes ! Peut être que les étudiants recevront alors un faire part de condoléances.